jeudi 1 juillet 2010

Conduire en Thaïlande


Mise à jour:  03/01/2019






  Conduire en Thaïlande ...  Ce pays a malheureusement la sinistre réputation d'avoir des routes considérées parmi les plus dangereuses au monde.

Même si les chiffres sont à relativiser. Une lecture trop rapide des statistiques brutes, une vision alimentée par la rubrique des faits divers, et on a vite fait de déformer les réalités quotidiennes du pays: si l'on enlève des chiffres les accidents mortels de 2 roues, on revient à des statistiques pas si éloignées que ça de nos routes françaises, suisses, US ou autre.

  C'est en tout cas l'avis de nombreux experts de la sécurité routière, par exemple le Dr Liviu Vedrasco de l'OMS, s'exprimant à BKK sur le sujet il y a quelques années.



  Par contre, quelques km passés sur les voies rapides du pays, et n'importe quel observateur se rendra compte d'emblée qu'on n'y circule pas en toute quiétude, et c'est un pléonasme!



On notera par ailleurs que si les routes sont dangereuses toute l'année, et pour tout le monde, elles sont particulièrement meurtrières à deux périodes: les congés du 1er janvier, et les congés du début de l'année thaï (Songkran, mi-avril).

Et je n'ai de cesse de le répéter: 80% des morts sont des 2 roues, et la plupart qui ne portaient pas leur casque.



    Les lignes qui
suivent ont par conséquent 2 objectifs:




- faire un tour d'horizon le plus large possible de la problématique, complexe, multifactorielle (culture, accidentologie, réseau...)

- informer le lecteur du "code de la route" local ( expression entre guillemets tant il semble bien souvent qu'il n'en existe aucun) afin qu'il sache à quoi s'attendre sur les routes du pays.

Celles-ci sont en général agréables, peu fréquentées, et sans danger insurmontable.



Le sujet est évoqué sur 2 pages. La première, celle-ci, est personnelle et n'engage que moi. Plusieurs liens sont fournis et engagent alors leurs seuls auteurs, évidemment.



 La seconde page évoque divers faits et chiffres tirés du site de l'Organisation Mondiale de la Santé ainsi que ses actions sur place.

Preuve supplémentaire, s'il en était nécessaire, que la sécurité routière est l'affaire de tous sur la planète.



Piétons, 2 roues, automobilistes: soyez prudents. Et bonne route!


  


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    Réseau routier, 2 roues, éducation... Nous sommes dans un autre pays, dans une autre histoire, dans une autre culture.



  Les routes en Thaïlande, pour ceux qui font le choix de les parcourir, il vaut mieux s'y adapter très rapidement. Il est donc indispensable de connaître les pratiques locales, et surtout...de ne pas faire la même chose. Par exemple conduire à contre-sens. Ou au-delà des limites de vitesse. Ou sans respecter les distances de sécurité...



   Si j'avais souhaité faire peur au lecteur, j'aurais partagé sur cette page quelques vidéos sanglantes qui circulent sur Facebook. Par dizaines, au quotidien, elles montrent en quelques secondes la violence indescriptible des chocs, les corps découpés, les pleurs.

   Fascination morbide, ou différences culturelles fondamentales dans les rapports qu'entretient le monde des vivants avec le monde des morts?



   Quoi qu'il en soit, ce sont toujours les mêmes causes: l'imprudence, l'inconscience, la fatigue, la vitesse excessive, l'alcool ou d'autres drogues... et le manque total et généralisé d'éducation à la sécurité des Thaïlandais usagers de la route.

Et même des conducteurs qui devraient être pourtant les mieux formés et les plus impliqués dans la sécurité, à savoir chauffeurs de minivans et bus publics ou privés qui roulent par dizaines de milliers dans tout le pays.












1/ La culture locale:



En Thaïlande, on aime la route et la voiture. 25 millions de véhicules; la flotte augmente de 5 à 10% l'an.C'est un marqueur social: "Benz" ou 4x4 placent d'emblée le conducteur dans le groupe de la "réussite", parfois au prix de lourds crédits et de sacrifices familiaux.



















Les 4x4 sont parmi les véhicules les plus vendus: Toyota, Isuzu, Nissan...
C'est un outil de travail: une infinité de micro-entreprises familiales, dans tous les corps de métiers, acheminent leurs productions dans les fameux "songthaews", sortes de bétaillères locales plus ou moins sécurisées.


  C'est un moyen de transport en commun: minivans, taxis, etc... de nombreuses entreprises privées disposent d'une grosse flotte de véhicules. Des accidents mortels de minivans défrayent régulièrement la chronique: logique quand on voit leurs zigs-zags à grande vitesse sur les highways!






Le quotidien dans la capitale





   En Thaïlande, on aime les 2 roues. En ville ou à la campagne, c'est un outil pratiquement indispensable. Ils sont très abordables (outre les facilités de crédit, le marché de l'occasion est pléthorique). Il en résulte que des millions d'engins sillonnent tout le réseau routier: au début des années 2010, on comptait dans tout le pays 17 millions de 2 roues, contre 5 millions en France!



Les motos sont plus fréquentes que nos scooters et les  remplacent avantageusement  car ils sont plus stables (diamètre des roues plus grand).

Le problème c'est que leur facilité de conduite donne l'illusion qu'ils ne nécessiteraient aucun apprentissage.

En pratique, celui-ci est donc la plupart du temps totalement absent, notamment chez les usagers les plus jeunes et donc souvent les plus fougueux, et qui vont donc se former...sur le tas.

 En effet, toute personne en âge légal de passer l'examen du permis peut se présenter sans aucune formation. Celle-ci est donc laissée à la volonté du futur conducteur...



D'ailleurs, les lieux de formation sont très rares dans le pays, le centre HONDA de Samut Prakan étant le plus réputé.

Notons aussi que les engins style "Honda Wave" (100 à 125, 4 vitesses semi-auto), modèle
parmi les plus vendus dans le pays sont  produits sur place.

C'est donc un phénomène culturel de grande ampleur. Par exemple à Chiang Mai, les 2 roues, toutes catégories confondues, représentent 50% des véhicules!





   En Thaïlande, on aime les "trucks". Enormes camions acheminant par exemple jusqu'aux provinces les importations, et retournant dans l'autre sens pour alimenter Bangkok des productions locales.

C'est le moyen de transport de marchandises le plus important du pays, et sur les grands axes du genre Bangkok/Khon Kaen, c'est un flot incessant 24/24.





   En Thaïlande, on ne dort jamais vraiment. Le trafic de Bangkok est permanent, évidemment moins fort la nuit, mais il est rare qu'une grande artère soit déserte. Les heures de pointe dans la capitale sont en gros de 7:00 à 10:00am et de 4:00 à 8:00pm. Embouteillages monstrueux fréquents, notamment pour relier les ponts enjambant le Chao Phraya, fleuve de Bangkok.












 
Oups...



 De ces divers paramètres, il résulte de grosses différences avec les habitudes de conduite en Occident.

On pourra aussi évoquer  la grande variété des véhicules et de leurs vitesses (sans parler de leurs niveaux d'entretien tout aussi variés...) qui fréquentent les mêmes routes au quotidien: noria de poids lourds (10 wheel trucks) tirant parfois des remorques, bus, vans, infinité des 2 roues à la circulation nerveuse et imprévisible, samlors, tuks-tuks, vendeurs aux charrettes à bras, vendeurs de glace...

 On croisera aussi quantité de chiens errants, de ruminants, et parfois quelque éléphant un peu caractériel fera la une des journaux...Il était là avant...









... En dehors de cet épisode, heureusement rarissime (les accidents dus aux éléphants sont de l'ordre de quelques-uns par an), qui n'a jamais croisé un songthaew surchargé (parfois de gens) déboîtant sans aucun signalement, un enfant à vélo déboulant de sa ferme sans observer le moindre temps d'arrêt, une nuée d'étudiants sortant à 2 roues de leur école, un mini-van slalomant dans le trafic, ou un bus longue distance roulant bien au-dessus des limites de vitesse...



 



2/ Le réseau routier:













Faubourgs de Khon Kaen






  
La Thaïlande est parcourue par plus de 220 000 km de routes (750 000 km
en France), le réseau est en développement constant, et le réseau autoroutier est limité.


 A Bangkok, l'urbanisation de la ville (la "surface routière" au sol allouée à la circulation est de 8%,
contre 20% en moyenne pour les grandes villes du monde)
a contraint à bâtir des voies à
plusieurs étages (on en tombe parfois!)


Globalement, les experts considèrent que 60 000 km des voies du pays sont aux normes attendues de nos jours.

Apparaît tout de suite une problématique aux fortes conséquences: un espace relativement réduit pour une vaste flotte, et flotte qui, comme nous l'avons évoqué précédemment, peut rouler jour et nuit...

   Le réseau principal, pour l'essentiel des 2x3 voies, est, de mon point de vue, d'assez bonne qualité,
même si le revêtement n'est pas toujours agréable et parfois bruyant.


Le réseau secondaire est de qualité plus variable, de bon à moyen, asphalte, gravillon, voire latérite dans les lieux les plus reculés (tertiaire), sur de petites distances et notamment dans les zones rurales où il n'est pas toujours entretenu au quotidien. On n'oubliera pas qu'on est sous les Tropiques, et que les éléments naturels y sont très agressifs. Températures records, chutes de pluie dantesques...



 Il en résulte parfois des soudaines différences qui peuvent se révéler piégeuses: dos d'âne, trous ou fissures prononcés (même sur les voies rapides), bas-côtés non stabilisés, notamment si on s'aventure sur les petites routes des rizières.

Vigilance permanente, notamment en saison des pluies où le revêtement peut se dégrader de manière rapide et spectaculaire.

C'est le cas sur les petites routes de campagne, mais cela peut arriver en quelques heures aussi sur les grands axes routiers: nids de poules très fréquents, dos d'âne, etc...

De plus, de nombreuses routes sont mal draînées et peuvent être rapidement inondées par de fortes averses.


On pourra aussi évoquer l'absence totale de visibilité lors de certains épisodes pluvieux, car si la plupart des autochtones ralentissent et allongent leurs distances de sécurité, ils ne le font pas tous...









3/ Les pratiques dans le pays:


   
La formation du conducteur est "basique", pour ne pas dire inexistante, et sur les routes, beaucoup de conducteurs sans permis et assurances...Bien que les examens aient été rendus plus exigeants il y a quelques années, ils restent encore enfantins. Quelques mètres de déplacement, une ou deux manoeuvre sur une piste qu l'on confondrait de loin avec un mini-golf...
Le machisme local est particulièrement présent (gros véhicules, vitesse excessive, agressivité) et il est d'ailleurs à noter que la grande majorité des accidents est provoquée par des hommes.

En général, c'est le plus gros véhicule qui a la priorité...Toutefois, la règle générale "véhicules lents, roulez à gauche" est assez bien respectée.
Le nombre d'accidents de voiture où le conducteur était seul et a perdu le contrôle est très élevé. A plusieurs reprises, j'ai pu remarquer  des voitures de grosse cylindrée dans le fossé ou dans une rambarde de sécurité...Dans la banlieue de Bangkok, j'ai croisé un jour un couple de jeunes adultes, totalement indemnes, l'air hébété, et désemparés devant l'état de leur Benz réduite en miettes...Un virage mal négocié...   Dans les campagnes, les accidents sont eux aussi très fréquents, et dans les fossés, on observe souvent pickups, tricycles à moteur ou 2 roues.Il est à noter que pour nombre de voitures, ces derniers sont négligeables. Quantité d'accidents sont dus à des dépassements dangereux de ces 2 roues, des changements de direction intempestifs, de queues de poisson, de non respect des distances de sécurité... Et quand on associe ces comportements inconscients au défaut de port du casque du motard, tout aussi inconscient, les conséquences sont évidemment dramatiques...




   Pour la plupart des conducteurs, un marquage au sol, voire une interdiction, semble une simple information à laquelle chacun est libre de se conformer quand il le souhaite. Un petit exemple sur la route 12. Entre Tak et Mae Sot, c'est une des pires qu'il m'ait été donné de voir. Fort heureusement, les poids lourds y circulent très lentement en raison des fortes pentes. Je répertorie en bas de pages les principaux "pièges" que j'ai pu observer. 











   L'alcoolisme au volant est particulièrement prononcé, notamment sur 2 périodes bien précises: les fêtes de fin d'année du calendrier international, et les fêtes de Songkran de mi-avril, où cette "fête de l'eau" est notoirement arrosée d'autres boissons.






  Songkran



   
Il en résulte des hécatombes qui se renouvellent chaque année, et malgré les campagnes nationales de sensibilisation et de répression, on a pu y enregistrer jusqu'à 400 à 450 décès en une semaine.


 

   Enorme trafic, imprudence dans les batailles d'eau de Songkran, pas de ceinture, pas de casque, libations alcoolisées, usages d'autres substances circulant en grande quantité dans le pays, notamment le yaa-baa, célèbre drogue au coût modique et vendue jusque dans les petits villages ... Cocktail mortel explosif, et encore, les chiffres de létalité ne prennent en compte que les personnes mortes sur les lieux des accidents et sans aller au-delà de quelques jours pour celles qui sont hospitalisées.












Petite ville de l'Isaan


   


 Les premières victimes de ce phénomène massif, mélange entre autres d'insouciance, de fatalisme et de croyance en la réincarnation sont bien sûr les 2 roues (comme partout du fait de l'absence d'habitacle). 

Souvent les jeunes autochtones ne portent pas le casque pourtant obligatoire et ignorent totalement les signalisations.

 Ils payent ainsi un lourd tribut puisque pratiquement 40 "motards" meurent chaque jour dans le pays. 

Les 2 roues représentent 75 à  80 % des morts par accident (à mettre en relation avec les millions d'engins en circulation).

On croise assez souvent des familles entières sur un unique 2 roues, bébés y compris! 




L'ampleur du phénomène s'apparente à une hécatombe, à tel point qu'elle fait baisser l'espérance de vie dans le pays et que les accidents de la route lui coûtent plus de 2 points de PIB.


   
Suite à une prise de conscience au milieu des années 90, l'amélioration de la sécurité des véhicules et la prise en main volontariste des différents gouvernements en partenariat avec certains constructeurs asiatiques, les accidents létaux ont chuté de presque 25% entre 1995 et 2005.


   Depuis, on ne constate aucune amélioration, et il arrive même que le nombre de morts au cours des pics de circulation soit plus élevé d'une année à l'autre!

   Pourtant,  on a notamment mis en place des campagnes d'éducation routière à destination de divers publics (port de la ceinture, dangers de l'alcool), distribué des casques gratuitement, modernisé la signalisation aux abords des écoles...Sur les voies rapides, les points noirs tels que les U-turn sont répertoriés, signalisés, et une campagne de remplacement par des bretelles suspendues est engagée depuis nombre d'années.

   On peut aussi noter que les contrôles routiers et la répression, longtemps très faibles, voire inexistants, ou encore essentiellement destinés à arrondir les fins de mois des unités de police de la route, sont depuis quelques années en forte augmentation.

Et pourtant...



Le taux d'accident mortel dans le pays est de 12 pour 10 000. Il est de 2 pour 10 000 aux USA.




Le nombre d'accidents pour 100 000 est de 19,6 (dans la zone, seule la Malaisie fait pire).

Le nombre d'accidents en 2008 s'est élevé à 88 689.

En tête des véhicules impliqués dans les accidents: les 2 roues, puis les voitures personnelles, puis les pick-ups.

Le nombre de camions ou autocars impliqués est relativement faible, mais ceci s'explique par le nombre beaucoup plus élevé d'autres véhicules, dont:

-2 roues:                            17 156 712

-pickups:                             4 484 655

-voitures "personnelles":    4 496 828




(chiffres 2009- sources World Health Organization)




   Certes, comme nous l'avons vu, la flotte motorisée augmente de 5 à 10% l'an, mais cela ne justifie en rien l'inefficacité totale des mesures prises. 

La plus récente enquête de l'OMS, qui date de 2015, ne met pas en évidence la moindre amélioration d'une année à l'autre, ce malgré l'expertise apportée, qu'elle soit nationale ou étrangère, et l'implication d'entreprises du secteur privé et des administrations concernées.



Une simple illustration, cet article du Bangkok Post paru début 2019 que j'ai repris dans les Actus de ce blog:  



 Le
nombre de morts sur les routes au cours des vacances du Nouvel An a
augmenté de 9,5% d'une année à l'autre pour atteindre 463, alors même
que le nombre d'accidents et de blessures a diminué.


Les décès ont été 40 de plus que l'an dernier et 15 de moins que le record de tous les temps d'il y a deux ans.


Entre le 27 décembre et mercredi, 3 791 accidents de la route ont eu
lieu, en baisse de 1,3% par rapport à l'an dernier, tandis que 3 892 personnes ont
été hospitalisées, en baisse de 2,8%, selon les données du Centre de la
sécurité routière de jeudi.



La période, également connue sous le nom des Sept jours dangereux, a été
désignée pour promouvoir la sécurité routière lors des voyages du
Nouvel An.








   
Nakhon Ratchasima, porte d'entrée du nord-est, a enregistré le plus
grand nombre de morts sur les routes (25), tandis que Nakhon Si
Thammarat du sud a enregistré le plus grand nombre d'accidents (118) et
de blessures (137).


Quatre provinces n'ont signalé aucun accident de la route - Tak, Phrae, Satun et Samut Songkhram.

 

L'alcool au volant reste la principale cause (40,4%), suivie de la vitesse (28,3%).

 

Les motocyclettes ont été les plus exposées aux accidents (80%), suivies des camionnettes (7%) et des voitures (4,1%).

 

Le moment de la journée où la plupart des accidents sont survenus était de 16h à 20h (27,8%), suivi de midi à 14h (17,8%).

 

Par groupe d'âge, les 50 ans et plus étaient en tête (24,5%), suivis par les 30-39 ans.

 

Quelque 1,2 million de personnes ont été poursuivies, en hausse de 34,3% par rapport à l'année précédente. 


Les principales raisons portaient sur le défaut de port du casque,
soit 321 800, en hausse de 27,6% sur un an, et la conduite sans
permis, en hausse de 21,5% à 290 000.








4/ Le voyageur:


   
Les statistiques des assureurs internationaux indiquent que la Thaïlande est le pays le plus exposé de toute la région (accidents où des étrangers sont impliqués, et rapportés au nombre de touristes dans le pays).

Une idée saugrenue serait de penser que les Thaïs ne se percutent qu'entre eux!

Les autorités britanniques notamment communiquent régulièrement à ce sujet. Elles indiquent par exemple pour 2008 que pour 400 000 touristes et expats, 324 hospitalisations ont été enregistrées, et 269 décès.

   Il s'agit des cas où le Consulat britannique a eu à intervenir ou qui ont été portés à sa connaissance, donc les chiffres réels sont plus élevés.




Evidemment, l'essentiel des accidents de touristes se déroulent... dans les zones touristiques. Très régulièrement, ils défrayent la chronique, notamment quand il s'est agi de conduites irresponsables de leurs victimes prenant ce pays pour un terrain de jeux, et qui se comportent ici comme il leur est impossible de le faire dans leur pays d'origine. Par exemple lors de courses de gros cubes sans casque, et dans la circulation. Certains le payent de leur vie: tarif très élevé pour quelques instants de défoulement exotique.


 A noter qu'une autre cause importante d'hospitalisation est ...la chute d'un balcon!




Plus intéressants et fréquents, moins spectaculaires ou médiatisés, on trouve sur le net différents témoignages de voyageurs qui ont eu des accidents comme on peut en avoir en Europe (glissades, accidents avec des tiers, etc...)







 


Ne pas manquer un tour en tuk-tuk!





5/ Louer:



   Point de vue personnel, je ne vois pas l'utilité pour le touriste de passage de louer un véhicule sur Bangkok ou sa région: entre les taxis et transports en commun, on peut circuler intra-muros et jusque dans les lointaines banlieues pour un prix modique et un chauffeur.

   Les embouteillages de Bangkok sont d'ailleurs mondialement célèbres, et les taximeters sont plutôt adroits pour se faire eux-mêmes des "itinéraires de délestage" par les sois.

Attention, parfois, ça secoue.
  
  Donc le choix se porterait sur des parcours vers ou dans la province, où d'ailleurs la circulation est bien moins dense mais reste "folklorique". Et pas toujours dans le bon sens du terme!




a/ Louer une voiture:



   Partout dans le pays, on peut louer aisément une voiture sans chauffeur (formalités au bas de l'article).

   C'est une très bonne solution pour visiter le pays en autonomie: la voiture individuelle, c'est la liberté (parfois!)

   Attention! La conduite locale est épicée! Réserver ce choix au conducteur expérimenté, choisir un véhicule "dans ses cordes", et prendre le temps de se familiariser avant de se lancer.

Notamment:

-on circule à gauche (!) d'où véhicules adaptés.

-s'informer sur les particularités des codes "officiels" locaux: vitesses autorisées, signalisation particulière, notamment aux intersections.

-Les panneaux de direction sont doublés à 95% en anglais, mais l'orthographe des transcriptions peut varier de beaucoup.

-la grande majorité des véhicules est équipée en boîtes automatiques, comme il est habituel dans de nombreux pays hors Europe.

-ces derniers roulent à l'essence, c'est une vraie dépense, les carburants ont beaucoup augmenté ces dernières années: voir
LES TARIFS SUR BANGKOK



b/ Louer une voiture avec chauffeur:



   Bonne solution si on est moins sûr de pouvoir se glisser dans le trafic local, de se repérer ou si on veut profiter un peu plus du paysage.

  Les prix sont relativement corrects compte tenu du service apporté.

  Le chauffeur est... un chauffeur, pas un guide ou un interprète. A noter qu'avec la généralisation du tourisme occidental vers l'intérieur supposé plus "authentique", on trouve pratiquement dans tout le pays des prestataires locaux qui travaillent à la journée.



 


c/ Louer un 2 roues:



   Sympa à la saison sèche, un peu plus compliqué en saison des pluies. Des centaines de voyageurs effectuent par exemple des circuits régionaux de cette manière sans aucun souci.

   Partout dans le pays on loue sans trop de formalités, mais il vaut sans doute mieux louer à une enseigne recommandée par les guides papier (par exemple par le Lonely Planet, son équipe éditoriale est expérimentée, pragmatique et sur le terrain).

   Notamment pour les raisons indiquées plus bas. Et tout le monde ne s'appelle pas Antoine de
Maximy.

















Port du casque obligatoire...





d/ Remarques pour les locations:



   Certaines agences ne déclarent pas tous leurs engins (notamment les 2 roues 49,9cm3 qui peuvent ne pas être assurés).

   Sans  conséquences si vous n'avez pas de problème, mais:

-si vous avez une panne ou un accident matériel, vous serez peut-être amené à prendre en charge une partie des dépenses.

Vérifiez par exemple les aspects franchise ( parfois élevée) et montant maximal remboursé.

  Au cas où le  véhicule ne serait pas enregistré (et comment allez-vous le vérifier?) l'assurance pourrait en faire état pour ne pas vous prendre en charge.


   Attention! En règle générale, les cartes bancaires ne couvrent pas les locations de 2 roues et les locations de 4x4.



e/ En cas de problème:



   En Thaïlande, sans couverture personnelle ou cas particulier style conjoint thaï, la médecine est payante.

 Il n'y a pas de "SAMU" en dehors des grandes villes, au sens où on l'entend en France, où le réseau est couvert par les secours et les centres d'appel d'urgence. Par exemple il y a dans notre village une ambulance à disposition. Si elle est occupée par ailleurs...on fait comme on peut.
 
   Vous devrez peut-être faire appel aux Locaux présents dont la serviabilité et l'habitude des accidents pourront vous aider, notamment si vous êtes en état de demander de l'aide (les Thaïs ne font pas toujours les premiers pas).

   Vous pourrez n'être pris en charge médicale que si vous avez prouvé aupararant que vous êtes solvable (carte bancaire par exemple). De plus, dans certaines zones, les ambulances sont en concurrence et peuvent avoir des accords avec tel ou tel hôpital (c'est aussi le cas aux USA).


 Ne chipotez pas sur les tarifs des assurances, vérifiez que vous avez une assurance complète, au tiers, et pas limitée aux dégâts du véhicule ou aux occupants du véhicule uniquement. Même si vous êtes un conducteur prudent et émérite, vous allez en croiser quantité qui ne le sont pas.

Il est fondamental de préparer cet aspect du voyage en détail et en amont du séjour.

  



f/ Conseils de base divers:



-Prenez connaissance des conduites locales décrites dans cette page, mais ne suivez pas les habitudes accidentogènes des Locaux. Ces conseils sont d'ailleurs valables à peu près partout, et le fait que les Thaïs ne les suivent pas n'est pas une raison, bien au contraire. En particulier:



-Respectez les limites de vitesse. Elles varient selon le type de route et le type de véhicule: 2 roues, berline, pickup, etc...) et sont clairement indiquées par des panneaux.

-Respectez les distances de sécurité, pratique totalement absente dans le pays.

-Ne restez pas sur la voie de droite, elle est réservée aux dépassements (en l'occurrence, si des véhicules y circulent en permanence, ils le font savoir en mettant warnings ou clignotants).

-Faire un appel de phares signifie "J'arrive!" et non pas "Passez".

-2 roues, portez un casque (sur la tête!)

-Mettez vos ceintures (c'est obligatoire à l'avant)

-Préparez votre parcours.



   Location: petit tour de contrôle (aspect), mise en route, et essai sur quelques mètres, notamment pour les boîtes automatiques si on n'y est pas habitué qui apportent un réel confort (point de vue personnel). Et qui, contrairement à ce qu'on entend souvent, consomment un peu moins de carburant, notamment parce que les régimes moteur sont étudiés.
Par contre, pas de boîte auto/moteur diesel.

Les principaux loueurs proposent les 2 types de boîtes.




































Les stations-essence couvrent tout le pays; la plupart offrent 24/24






de nombreux services ( cafés, 7/eleven) et... des pompistes!




   Pour une voiture, demandez si possible un véhicule avec ceintures à l'arrière (pas obligatoires dans le pays).
Par contre, le port de la ceinture à l'avant est obligatoire.



   Pour louer un  2 roues, un expat, de son côté, conseille au voyageur de passage de louer une 1ère journée avant de voir plus loin.

 Un téléphone portable est une bonne précaution, 99% du territoire est couvert, et la Tourist Police, joignable 24/24 au 1155 (english spoken) agit dans tout le pays.

 La couverture médicale du pays est bonne (se reporter aux pages santé), ainsi que la couverture en stations d'essence et garages.

 Si vous êtes heurté par un tiers local, il est très possible qu'il s'enfuie s'il sait être en tort (notamment s'il vous percute sur l'arrière).

   Dans le pays, un conducteur responsable d'un accident sur un tiers doit souvent prendre en charge la totalité des dégâts (matériels, hospitalisation, etc...). Contracter une assurance complète est une bonne précaution. 



   
En cas d'accident, je lis parfois " l'Etranger paye...", ou "Le plus riche paye..." Ce n'est pas exact.


A ce sujet:

- Vérifiez avant de rouler que vous avez un document de "Constat à l'amiable" (ça existe, même ici!)

- Gardez votre calme, n'élevez jamais la voix, même si on le fait à votre encontre.

- Exigez de remplir le constat, et indiquez si la personne impliquée l'a refusé. Nombreux sont les Thaïs qui ne connaissent pas ce document tout simplement (et beaucoup circulent sans assurance, voire sans permis).
- Ne versez pas d'argent: ce serait reconnaître implicitement que vous êtes le fautif, et même si vous pensez que c'est la solution la plus simple, vous risquez de vous retrouver dans un imbroglio qui peut aller loin.

- Ne versez pas d'argent à la police locale, mais prévenez la Police touristique. 




   Evidemment, je me place dans l'hypothèse où vous circulez avec un permis (un vrai!) une assurance, etc...Dans le cas contraire: vous êtes en Thaïlande.



    Petit exemple familial récent, survenu dans un parking de Bangkok. On est loin de la "jungle" et du "règne du non-droit" décrite par certains.






 Accrochage anodin dans un parking







... les 2 parties ont appelé leurs assureurs






 qui dépêchent dans le quart d'heure leurs honorables correspondants. 







 Ceux-ci procèdent chacun à l'enregistrement de l'incident. La suite sera traitée entre assureurs.





Pour autant, et tout aussi réels, quelques exemples de l'été 2015:

















 4 véhicules impliqués, ça peut faire 4 correspondants à attendre sur les lieux. Et petite précision: il peut arriver que ce soit le dernier de la file qui paye les dégâts de tous les véhicules...





    Hors accident, les véhicules sont souvent arrêtés par la Highway Police qui prélève au passage quelques dizaines de bahts, même sans infraction de la part du conducteur.

 C'est notoirement le cas sur les highways en Isaan. Sur le même trajet, ça m'est arrivé 2 fois à 1h d'intervalle il y a quelques années!


   Par contre cet été j'ai servi de "sauf-conduit" à la famille: la présence d'un "farang" à bord du véhicule a ôté toute envie de "prélèvement" aux officiers. La prise de pouvoir par la junte en serait-elle la raison? Mais mon beau-frère thaï, quand il roule seul, lui, est toujours taxé...!














To serve and to protect.




-Se repérer: cartes routières internationales (Michelin 751 par exemple), et nombreux éditeurs anglophones trouvables sur place: bookshops de Survanabhumi niveau départs, bookshops des centres commerciaux, GPS, etc...Une petite page sur la cartographie de base disponible, avant le voyage ou sur place
ICI



g/ Formalités:



   Variables d'un loueur à un autre. Je m'en tiens à la stricte légalité. Par exemple vous pourrez louer un "scooter" sans permis, mais en cas de contrôle on vous le demandera. Vous repartirez avec une "prune" directement dans la poche du policier.

En cas d'accident: vous assumez.



-l'âge légal pour conduire une voiture est de 18 ans, un 2 roues jusqu'à 110cm3 est de 15 ans et 18 ans pour les cylindrées supérieures (à vérifier car selon les source, la confusion existe entre "conduire" et "posséder" un véhicule).

-le taux d'alcoolémie est limité à 0,5mg/l
-permis national du pays d'origine + permis international si le permis national n'est pas en anglais (en fait il n'existe pas d'accord de réciprocité entre la France et la Thaïlande, donc il me semble que le permis international règle le problème d'emblée).

-pour les voitures: être âgé de plus de 21 ans, parfois un supplément "jeune conducteur"(moins de 25 ans) est demandé, notamment dans les enseignes internationales.

-Photocopie du passeport (ne jamais laisser son passeport original!)

-Faites le plein avant de restituer le véhicule, les frais d'essence vous seront surfacturés en agence par rapport à la pompe.

-Port du casque obligatoire (ne pas prendre les mauvaises habitudes locales
).




h/ Tarifs minimum moyens, à titre indicatif:



-150/200b /jour pour un scooter

-1 500 b pour une voiture

Variables selon les lieux, et largement dégressifs selon la durée.







 Songthaew



LES PIEGES  CLASSIQUES:



-les 2 roues qui circulent en sens contraire sur le bas-côté de la route, voire carrément sur la chaussée, et parfois sans phares dans l'obscurité.

-vous pensez avoir la priorité légale, mais en fait vous avez une priorité "relative": c'est le plus gros qui passe d'abord.

-les highways dont les U-Turn (bande centrale interrompue) voient les véhicules se précipiter en vous coupant la route sans élan à 30m devant vous alors que vous roulez à 110km/h (Oups! Renseignez-vous sur les limitations de vitesse!)

-les chiens errants, parfois assoupis au milieu de la chaussée,  ou autres animaux qui divaguent.

-l'absence de signalisation de brusques changements de direction des véhicules devant vous

-le non-respect des files de présélection ou leur obsolescence

-les intersections avec "Tournez à gauche" autorisé sans feu dédié

-les véhicules vous doublant indifféremment par la gauche ou par la droite, et parfois au même moment.

 -les enfants à vélo dans les villages dont les routes frôlent les maisons

-attention quand vous ouvrez vos portières, les 2 roues se faufilent aussi entre les véhicules et le trottoir, voire sur le trottoir en cas de bouchon.



...D'autres qui m'échappent présentement; tout ce qui précède est du vécu!




LE COIN DU PIETON:



    Les piétons sont les principales victimes mortelles des accidents, après les 2 roues.

   Attention quand vous traversez, les voitures roulent vite (mais s'arrêtent aussi très vite), et regardez A DROITE d'abord avant de vous engager sur la chaussée, et MEME si la rue est en sens unique, ce qui est une "information" pour les Locaux, pas une "interdiction".

Même si vous êtes engagé sur la chaussée, traversez vite: un jour à Bangkok, une voiture a roulé sur l'arrière de ma tong: je n'avais pas eu le temps de rejoindre l'autre rive à temps!

   Utilisez de préférence les passages piétons (là encore, très "indicatifs"). Si des passerelles ont été construites, ce n'est pas un simple élément de décoration.

   A ce sujet, l'Ambassade US a dû enjoindre employés et visiteurs de ses bureaux de Bangkok de les emprunter, suite à plusieurs graves accidents de ressortissants.



VOILI-VOILA!


Cette page n'est pas écrite pour faire peur: plus on est renseigné, plus on pourra apprécier les routes de Thaïlande. Par exemple, en province, hors grandes villes, il est très agréable de circuler avec si peu de véhicules, notamment quand on vient d'une grande ville de France!



 Je complèterai la rubrique régulièrement, et surtout, BONNE ROUTE A TOUS: voitures, 2 roues, piétons, chiens, vaches, serpents, canards...

Un dernier truc: un lien d'infos conviviales sur la conduite locale des 2 roues:



http://freebeerforyorky.com/drivingentry.html



la signalisation locale et quelques règles de base (en anglais, of course!):


 

http://driving.information.in.th/regulatory-signs.html

http://driving.information.in.th/warning-signs.html


 http://www.chiangmailocator.com/wiki-traffic-rules-in-thailand-and-how-to-avoid-traffic-accidents-p169






INFOS DIVERSES








Juillet 2011



   J'ai pu constater (comme à l'habitude) que les routes du pays étaient malheureusement fidèles à leur réputation.

   Sur 1 200 km de circuit entre Bangkok et Khon Kaen:

-7 accidents récents ou "en cours", dont 3 poids lourds renversés et 1 pick up totalement carbonisé.

- quantités de fragments de pneus jonchant la chaussée.

-énormes nids de poules sur de longues portions des highways.

   En revanche, grosse fréquence de vrais contrôles de la Highway Police (radars volants).



   Ce qui n'empêche pas 99% des véhicules de ne pas respecter les limites de vitesse (90km/h sur les highways pour les berlines, 80km/h pour les pick ups), d'ignorer les distances de sécurité, et de ne pas réduire la vitesse sous une pluie battante, notamment les mini-vans qui slaloment à grande vitesse (véhicules qui ont d'ailleurs récemment occupé les medias avec des accidents à décès multiples) et les bus longue distance qui roulent en permanence sur la file de droite.


    Bref, "juste" la route en Thaïlande.






Vigilance permanente sur les petites routes!



Rappels sur les limites de vitesse (Source The Nation)






 À Bangkok, Pattaya et dans les municipalités, la vitesse maximale autorisée pour les voitures et les motos est de 80 km / h et celle des camions pesant plus de 1 200 kg (poids du véhicule et du fret chargé) et des véhicules de transport en commun de personnes est de 60 km / h. 


La limite pour les remorques, les tricycles et les camionnettes pesant plus de 1 200 kg est de 45 km / h.

Sur les autoroutes et les rocades, les voitures peuvent rouler à une vitesse maximale de 120 km / h, tandis que les camions pesant moins de 1 200 kg et les véhicules de transport de passagers peuvent atteindre 100 km / h,  les gros camions et les remorques de voitures peuvent atteindre 80 km / h, 


 
Sur les routes de campagne, les voitures et les motos peuvent atteindre 90 km / h, les remorques et les tricycles jusqu'à 60 km / h, les camions pesant plus de 1 200 kg et les véhicules de transport de passagers pouvant atteindre 80 km / h.





Liste des 7 spots les plus dangereux dans le pays 



Lieux où les accidents arrivent le plus fréquemment sur le réseau des voies rapides



(source Highway Police)



 1)Ayutthaya. Kilomètres 77-78 sur Phahon Yothin highway. Wang Noi district. Epingle à cheveux.



2) Saraburi. Kilomètres 27-30 sur Mitraphap highway. Tambon Muak Lek. Virages serrés en descente.



3) Samut Sakhon.Kilomètres 28-3 sur Rama 2 highway. A hauteur du marché aux poissons. Route rendue glissante par les produits qui s'échappent des camions de livraison.



4) Prachinburi. Kilomètres 42-48 sur la highway 304 (Kabin Buri-Pakthongchai). District de Naadi. Côtes et virages dangereux.



5) Sakaeo. Kilomètres 76-79sur la highway 348 (Aranyaprathet-Non Din Daeng). Côtes et virages dangereux.



6) Nakhon Ratchasima (Khorat), district de Pak Chong. Kilomètres 40-41. Sortie de la highway Mitraphapau tambon
Klang Dong. Nombreux vendeurs de produits locaux sur les bords de la route.




7) Kilomètres 35-38. A l'entrée de laMitraphap highway, tambon Klang Dong. Descente dangereuse.


Bars, bars...Barbares?

Mise à jour: décembre 2018



Poncifs



   N'avez-vous pas remarqué que lorsque le sujet de la prostitution au Pays du Sourire est évoqué, ce sont toujours les mêmes poncifs qui sont avancés pour la justifier?



   Le premier d'entre eux est que le phénomène serait historique. Certes. Si le phénomène n'est pas nouveau (ici comme ailleurs), c'est dans la période contemporaine que cette activité est devenue une industrie, notamment lors de l'occupation japonaise pendant la Seconde guerre mondiale, et la guerre du Vietnam menée par les USA et dont les troupes venaient se défouler dans les lupanars de Thaïlande pendant leurs permissions.

D'ailleurs,  l'esclavage, le droit de cuissage et la gabelle ont aussi une tradition
historique, mais il ne viendrait à personne de sensé l'idée de se
référer à l'Histoire pour rétablir cette pratique aujourd'hui.



   Le deuxième, corollaire du premier, serait que le bouddhisme, religion qui irrigue la société tout entière, s'accommoderait très bien de cet asservissement. Argument complètement bidon, répété inlassablement d'un tabouret de bar à un autre.

Qu'en est-il? Le bouddhisme n'est pas une religion basée sur l'interdit. Etre guidé uniquement par ses sens, être motivé par l'assouvissement d'une pulsion, cela ne peut pas s'interdire puisque c'est inhérent à la condition humaine.

 Le bouddhisme est fondé sur des préceptes moraux, des attitudes, donnés en exemple. Pour avancer sur le Noble Chemin, cette philosophie suggère des pensées justes, des actes justes. Positifs, ils doivent contribuer à émanciper l'humain de cette condition. Le reste est négatif et totalement déconseillé.

Par ailleurs, même si la question fait débat chez les exégètes, le bouddhisme considérerait la femme comme inférieure à l'homme, et impure. Toutefois, la prostitution est totalement désapprouvée par le bouddhisme, dès les textes sacrés les plus anciens qui abordent le sujet et jusqu'aux enseignements tels qu'ils sont délivrés aujourd'hui.

De plus, si le le bouddhisme n'interdit rien, ce n'est pas pour autant que  les comportements des autochtones sont forcément en harmonie avec ses préceptes. Ce n'est pas parce qu'une péripatéticienne va faire une offrande à Bouddha à l'ouverture de son bar qu'elle se comporte selon ces préceptes.



   Le troisième serait que la relation sexuelle tarifée serait un commerce comme les autres. A une époque de marchandisation du monde, aujourd'hui que l'on trafique des organes humains, pourquoi donc ne pas considérer la sexualité comme une prestation de service banale qui doit tout simplement recevoir une juste rétribution? D'ailleurs, avoir plusieurs centaines de partenaires sexuels annuellement, c'est tout-à-fait naturel. Et dans le même genre d'idée, le client conseillera à ses propres enfants de choisir cette activité lucrative, puisqu'elle ne connaît pas la crise?...Puis, quand l'un d'entre eux aura choisi cette façon de s'émanciper, le père annoncera alors fièrement à son entourage que son enfant est une putain?...

On notera d'ailleurs que si les clients se vantent sans vergogne quand ils sont dans l'anonymat d'internet, en revanche, ils se font nettement plus discrets dans l'entourage immédiat d'un repas entre amis, par exemple.



On relèvera aussi des inepties récurrentes, telles que la réputation de légèreté des femmes asiatiques (en ce cas, comment se fait-il que tant d'hommes venant sur place aient à payer des professionnelles?) et une que j'apprécie tout particulièrement: le client ne paie pas une passe, il transfère des devises. C'est ainsi qu'il contribue à l'émancipation de la femme, voire au développement d'un pays émergent.

Ben voyons...



   Cela dit, les justifications ne sont pas limitées au client: elles existent aussi chez les prestataires. Dans leur immense majorité, des femmes.

Chez celles-ci, est inculqué depuis la petite enfance que le premier de leurs devoirs, celui qui passe avant tous les autres, est de soutenir leurs parents.

Certes, la société traditionnelle siamoise est de type matrilinéaire, et c'est donc à la fille qu'incombe  principalement cette responsabilité. Pour autant, si le fils a un rôle secondaire, ce rôle existe bel et bien. Sauf que s'il ne fait pas son devoir, cela lui est rarement reproché. Cela n'étonnera personne au fait du fort machisme qui parcourt la société thaï, machisme qui perdure encore dans le monde contemporain.

 Dans le même ordre d'idée, une femme mariée mais volage sera bien moins tolérée qu'un homme infidèle, et tant qu'à faire, que celui-ci aille assouvir ses pulsions chez une prostituée est un moindre mal. On notera par ailleurs que nombre de prostituées bouddhistes estiment que leur conduite d'aujourd'hui serait la résultante d'actions négatives dans leurs vies passées. Un mauvais karma qu'elles devraient assumer.



Quoiqu'il en soit, si l'on admet que ce devoir de soutien aux Anciens soit la motivation première, on notera que des millions de jeunes femmes quittent pour cette raison leurs champs pour les universités, les usines et les commerces et ne se prostitueront jamais. Toutefois, si elles sont largement majoritaires, elles souffrent de la réputation mondiale de leurs petites soeurs des quartiers chauds.

Notons aussi que dans le pays, le chômage est très réduit, les couvertures santé gratuites pour les plus pauvres, les enfants et les personnes âgées, et pour peu qu'on accommode son niveau de vie à ses niveaux de revenus, et pas l'inverse, on peut assurer la survie d'une famille sans devoir forcément vendre son corps.



Effectifs: le client



   Le client occidental (certes très minoritaire, la grande majorité étant asiatique, voire locale) ne se définit pas lui-même comme un touriste sexuel, mais comme un "fêtard", c'est à dire en fait un voyageur comme un autre. Selon lui, il respecte les coutumes locales car, nous l'avons vu précédemment, dans son esprit il ne fait aucun doute que la prostitution est une tradition culturelle, du même ordre que le foot massage ou le riz gluant.

En général, le discours justificatif est accompagné de maximes philosophiques d'une haute teneur: il faut laisser chacun vivre à sa manière, faire preuve de tolérance, d'ouverture d'esprit, et ne juger personne. Si ce n'est pas du bouddhisme...

 Parfois, il se présente comme un de ces vrais hommes qui en ont (le mâle dominant) et assument leurs fantasmes, au contraire des autres hommes forcément donneurs de leçons, moralisateurs, pisse-froids (les mâles dominés, ou  encore refoulés), et qui donc n'en ont pas.

Il a ses spots préférés (Pattaya est un must), ses forums spécialisés où l'on s'échange bons plans, bonnes adresses et bonnes prestataires. On passera sur le vocabulaire employé: un maquignon ne sombrerait pas dans une telle vulgarité pour évoquer ses futures pièces de boucherie.

    En fait de mâles dominants assumés, on relèvera qu'ils ne s'expriment que derrière des pseudonymes, se présentent toujours à leur avantage, et que nombre d'entre eux sont des personnes âgées qui confondent pouvoir de séduction et pouvoir d'achat. Ce dernier plus ou moins élevé, souvent très moyennement, puisque si l'on a choisi le Pays du Sourire, c'est aussi pour ses excellents rapports qualité-prix, sexuels y compris.



   Le client peut aussi être du genre discret: il fréquente les forums de voyage, et fait dans le culturel. Il organise ses séjours comme un touriste lambda, temples, plages, musées...et son itinéraire passe (quel hasard!) par les quartiers chauds. Parfois, il y sélectionne une fille, qui pourra d'ailleurs lui servir de guide. Quelques jours de congés payés par son bienfaiteur.

On notera que sur ces forums banals, il laissera transparaître dans ses messages quelques plus ou moins fines allusions, le but étant d'être reconnu par ses pairs.

Plus tard, un couple durable client/ladybar peut se former. C'est alors toujours la même histoire qui est servie: arrivé par hasard dans un quartier chaud, poussé dans un bar par la destinée, le gentil garçon bien élevé est tombé (quelle chance!) sur la seule et unique prostituée pas vénale du pays (je
n'invente rien, ça m'a un jour été dit!) et comme lui-même est un homme de grande moralité, les deux anges s'y
sont reconnus d'emblée.



  Depuis quelques années et l'influence de clips musicaux et films dont les scénaristes n'ont pas dépassé le stade anal, une nouvelle variété de consommateurs est en pleine expansion: la faune des banlieues de France les plus riantes, qui vient soit dépenser ses revenus tirés de trafics fumeux, soit flamber ses revenus sociaux.



   On notera une conséquence indirecte qui prolonge ces "échanges culturels". Toute une littérature (et même un genre cinématographique) en est née : récits autobiographiques ou plus ou moins romancés, ils sont tellement nombreux qu'ils occupent tout un rayon des librairies. Et bien entendu, ils servent tous la même soupe. Il y en a même qui reçoivent les honneurs de la presse branchée ou des festivals de "films d'auteur"...Culturel, quand tu nous tiens!





Effectifs: les professionnels de la profession



   Partons de la loi. Les lieux d'échange sont régulés depuis 1966. La prostitution est encadrée depuis 1996 par le  Prevention and Suppression of Prostitution Act, BE 2539.



La loi condamne toute personne qui tiendrait un lieu de prostitution.

La loi condamne toute personne associée à cette activité dans ces lieux, sauf si elle y est contrainte.

La loi condamne toute personne faisant la publicité de cette activité.

Elle condamne aussi toute personne qui se livre au racolage sur la voie publique.

Elle condamne aussi toute personne qui sollicite un mineur, ou en contraint une autre.





   Alors comment se fait-il que la Thaïlande n'arrive pas à se défaire de sa réputation de lupanar à ciel ouvert, voire que sa population en souffre, ses femmes notamment, ainsi d'ailleurs que les couples mixtes qui n'ont jamais mis les pieds dans un bar et vivent leurs petits bonheurs ordinaires en faisant abstraction des regards de connivence du voisinage imbécile?

   Au-delà de la grande facilité à rallier les spots favoris des touristes sexuels et la banalisation de ce type de séjour, l'une des explications pourrait être que dans peu d'autres pays dans le monde, cette activité se déroule aux yeux de tous, revêt des aspects aussi festifs, et que les échanges se font dans la tranquille acceptation de toute une société. Pas de bois mal famés, pas de camionnettes sinistres, pas de maisons de tolérance à l'hygiène douteuse, pas de proxénétisme apparent, pas de souffrance, pas de regards lourds de réprobation...Rien que de la joie, du bonheur et de la convivialité.

Et puis la qualité du cheptel local n'est plus à vanter: la femme asiatique est soumise, prévenante, souriante, discrète, souple, et la beauté de cette diablesse pourrait ensorceler n'importe quel pèlerin...



   D'autre part, ce cadre légal a tout simplement permis que, dans ses limites, se développe toute une industrie.

 Les chiffres sont effarants, du nombre de prostitués (femmes et hommes), des revenus générés, au nombre de personnes en lien plus ou moins direct avec cette activité.

Cela va des services les plus anodins tels que les transports, l'hôtellerie et la restauration, aux plus évidents, à savoir les gogo-bars. Ces derniers sont considérés par la loi comme de simples "lieux de rencontre". Peu importe que les filles y soient castées par le patron et numérotées pour le client: ce n'est qu'un espace de mise en relation entre un consommateur potentiel et une jeune fille "disponible", et l'établissement n'a rien à voir avec ce qui se passera dehors.

 Le tout se déroule sous la vigilance de la police. Celle-ci mène d'ailleurs très régulièrement des opérations de prestige: tel "salon de massage" sera par exemple investi lorsqu'on y est certain que les filles y sont "consommées" sur place, ou mineures, ou que des drogues y circulent.

Dans les rues, on veillera aussi à ce que les prostituées occasionnelles ne fassent jamais le premier pas...

   C'est donc en totale hypocrisie, une hypocrisie qui arrange tout le monde et préserve les apparences (impératif !) que des centaines de milliers de touristes sexuels viennent se défouler dans ce pays, attirés comme des insectes volants par les néons.

De pures relations librement consenties entre adultes épanouis, que dire d'autre que ça ne nous regarde pas...



Effectifs: les filles



   Autant de filles que de parcours personnels, bien évidemment (la prostitution masculine existe elle aussi mais est nettement moins développée et connue). Accidents de la vie, pauvreté extrême, soutien de famille, miroir aux alouettes du consumérisme, choix de vie mûrement réfléchi...



   Prenons par exemple Pim. De la plus jeune génération, née dans une société thaïlandaise tombée dans la folie de la consommation à outrance sur le modèle occidental, confrontée dès son enfance aux mythes de l'argent facile et de la réussite par l'avoir plutôt que par l'être, hyper-consommatrice de produits high-tech: elle se considère comme une prestataire de service, et en dehors de ses heures de travail, c'est une jeune adulte qui s'affirme épanouie.

Elle n'a aucune notion morale de l'effort et du travail honnête, ses parents ayant peut-être pensé que tout s'apprenait à l'école. Malheureusement, le parcours scolaire s'arrête parfois très tôt.

Son choix se limite à travailler à la chaîne, ou vendre son corps (à la chaîne aussi) tant qu'il est désirable et profiter de la vie tout de suite, tout en mettant de côté suffisamment pour retourner chez elle et ouvrir un commerce "normal".

 C'est une femme d'affaires. Elle a un capital: son corps. Après une première étude de marché (sur le terrain), elle a pu investir dans la modernisation de son outil de travail: seins siliconés (de 30 000 à 100 000b selon la taille des implants), nez refait "à l'occidentale" (de 8 000 à 50 000 b selon le savoir-faire du chirurgien), blanchiment de la peau (toujours cette fascination pour les femmes occidentales), etc... Il faut en effet que son offre réponde à la demande. Et tout de suite, car les années passent vite. Or, le farang, s'il est peut-être porté sur les filles asiatiques, a néanmoins des goûts spécifiques. Autant modifier son corps pour leur correspondre...

Ces investissements permettront ainsi à Pam de réaliser ses objectifs (de la semaine, du mois, de l'année) et avec un peu de chance, de multiplier les prétendants qui recherchent une compagne durable. Il  ne lui restera plus qu'à choisir parmi eux le profil au meilleur rapport qualité/ revenus/ naïveté. Ensuite, elle manoeuvrera de telle façon que le candidat sélectionné ne manquera pas de lui proposer un mariage et de l'inviter à vivre dans son pays d'origine.

Très bonne expérience, et si ça ne fonctionne pas, elle recommencera avec un autre: elle en a des dizaines dans sa clientèle.



   Pam, elle, vient des rizières les plus pauvres du pays. Etudes courtes, puis elle a goûté aux joies du travail sous un soleil de plomb, moustiques divers et autres parasites, mains et pieds dans la boue, revenus permettant tout juste de nourrir la famille.

 Très jeune femme encore, et après de rapides fiançailles ou une relation dans un motel de passe, un des petits coqs du village lui a fait un enfant. Dès qu'elle s'est retrouvée enceinte, il a disparu, et passe
désormais d'une compagne à l'autre au gré de ses envies.

Il passe un
petit coup de fil de temps en temps, mais hors de question d'assumer sa
paternité du point de vue matériel. Quant à l'affectif...

Pam a donc un enfant à charge. Elle voit ses parents paysans qui vieillissent. Retraite inexistante en perspective. Un jour, elle croise Pim, une fille du village roulant en 4x4 et faisant construire sa maison, qui bosse à Pattaya comme "masseuse" et qui a l'air épanouie. Un numéro de téléphone, une adresse, un rendez-vous...et c'est parti.



   Poum, elle, est une citadine. Heureuse de son travail en usine de confection, petit salaire, modeste mais débrouillarde...Sauf que toujours à la recherche de meilleures marges, la grande marque occidentale, principale commanditaire, a trouvé une main d'oeuvre encore moins chère au Sri-Lanka. Alors le patron a mis la clé sous la porte, en laissant sur le carreau des dizaines d'employées avec des indemnités ridicules.


Poum doit donc trouver de l'argent, et vite. Alors c'est le départ vers les lieux touristiques, et un possible glissement insidieux du "massage " (vraie thérapie traditionnelle) vers la  prostitution.

Avec un peu de chance, elle trouvera un boulot de serveuse dans un restaurant. Alors, commencera la quête du petit ami occidental, qui lui offrira une vie meilleure et un confort assuré pour toute sa famille.



Du rêve aux réalités



   Le client connaît-il l'image que les filles ont d'elles-mêmes, de leur corps-marchandise, de leur propre sexualité? Et de celle de cet Occidental? Et de la sexualité, tout simplement? Pense-t-il réellement qu'elle apprécie cette surmultiplication de relations et de partenaires?

   Se rend-il compte que des prostituées ont l'impression que leur corps ne leur appartient pas, que leur esprit ne l'habite pas?  En quelque sorte, qu'elles éprouvent le besoin de se "désincarner" pour supporter leur réalité?  Ignore-t-il que l'immense majorité d'entre elles souhaiterait une simple chose: faire un autre travail qui leur permette de vivre dignement et d'aider leur famille?

   N'a-t-il jamais songé qu'au delà de l'image de femme assumée, la plupart éprouvent de la honte de n'avoir pu  faire des études minimales? Ou, crainte encore plus grande, ne pas pouvoir assumer la charge de leurs parents quand ils ne pourront plus travailler?

  Quant aux ragots des villageois des campagnes du Siam, parfois aussi blessants que des lames de couteaux...Certes, aucune question directe: il est très malpoli de placer son interlocuteur dans l'embarras. Mais on n'en pense pas moins.



  Quant à se poser la question de qui utilise l'autre... Lequel consomme l'autre?



Mais tout ceci importe peu pour le client. La plupart n'en a que faire. On l'a vu, tous les prétextes sont bons, toutes les justifications évoquées, toutes les excuses proposées...La réalité est très simple: le client est uniquement préoccupé par l'assouvissement de sa libido, et son monde tourne autour de son petit pénis.

   La prostitution, c'est la rencontre tarifée d'une
certaine misère sexuelle occidentale avec une certaine pauvreté asiatique. Et elle enrichit toujours les mêmes.

 La prostitution est continue. Depuis des siècles. La prostitution est tolérée (d'où le nom de ses maisons), même dans les milieux intellectuels. Il y a quelques années, le Bangkok Post diffusait un article fort complaisant sur la
prostitution masculine à  l'attention des femmes occidentales. Secteur
en plein boom économique.

L'activité est aujourd'hui totalement intégrée à la mondialisation. Elle s'y est tout simplement adaptée. Car elle rapporte. Et gros. On estime aujourd'hui ses revenus à 6;5 milliards de dollars par an. Les apports dans l'économie locale, on l'a évoqué, sont gigantesques. Elle représenterait 3% du PIB annuel. Plusieurs centaines de milliers de travailleurs du sexe: femmes, hommes, ladyboys...Plusieurs centaines de milliers de clients: femmes (même si elles sont largement minoritaires), hommes, quels que soient leurs tendances sexuelles: il suffit de demander, l'offre s'adaptera à la demande.

   A 80%, les clients viennent des pays d'Asie. La prostitution inonde toutes les couches de la société. Les mafias infiltrent des partis politiques, les édiles locaux sont massivement corrompus, et cette corruption est devenue tellement systémique qu'elle est considérée pratiquement normale par la population (et comment pourrait-elle lutter contre?)

   La prostitution nourrit donc la corruption. Elle est liée intimement aux activités criminelles de toutes sortes: enlèvements, asservissements humains, drogues, extorsion de fonds.

 Pourquoi? Parce que ce sont les mêmes réseaux mafieux qui gèrent ces marchés cyniques, jusqu'aux trafics de personnes étrangères, encore plus pauvres et fragilisées que les plus pauvres des Thaïs: Tribus des montagnes, Birmanes, Cambodgiennes, Laotiennes, etc...

 Le modus operandi? Une fille désargentée, repérée par des proches, à qui on promet du travail, et "vendue" à un réseau. Bienvenue en enfer.

 En 2009, les autorités de police auraient ainsi identifié plus de 500 filles étrangères arrachées à leurs proxénètes, auparavant leurrées, droguées, violées, et raccompagnées dans leurs pays (souvent limitrophes), et 80 Thaïlandaises prostituées de force, par exemple en Malaisie,  sorties de leur calvaire et rapatriées. Une goutte d'eau dans un océan de larmes. Car ce n'est que la partie visible d'un réseau industriel à grande échelle, le proxénétisme  ne connaissant pas de frontières:  l'OIT estimait à 10 milliards de dollars les bénéfices dégagés pour la seule année 2005 sur la zone Asie, pour 1,36 millions de travailleuses forcées.

Et s'il fallait un classement dans cette logique de l'horreur économique, encore plus bas dans cette échelle  de l'abominable: le trafic d'enfants à destination des pédophiles internationaux à la pathologie dévorante. Ou aux clients qui cherchent "simplement" des partenaires vierges ( c'est à dire dans leur esprit, sans VIH).

En Thaïlande, depuis le 1er cas de VIH constaté en 1984, plus de 1 000 000 de personnes en sont ou ont été porteuses.

"Ont été", car 400 000 personnes en sont déjà mortes. Et le virus continue de se répandre. Certes, plus lentement: 20 000 infections depuis 2004.



Mai pen rai?  (ça ne fait rien...)



Le touriste sexuel n'est pas un pédophile. Il n'a violé aucun mineur. Il n'extorque de l'argent à personne. Il ne se livre pas au trafic d'êtres humains fragilisés. Il pense ne corrompre personne. D'ailleurs, il est sans doute un brave type, impliqué dans la vie sociale de son pays d'origine. Il pense être juste un client qui a recours a une prestation de service.

La réalité est qu'il est le complice imbécile de drames humains, de l'asservissement de millions de personnes fragiles, et que même s'il existe des parcours rédemptoires individuels, ils ne pèsent guère par rapport au reste.

Le touriste sexuel est l'idiot utile de la mercantilisation des corps. Aujourd'hui, elle se déroule à l'échelle planétaire.

Belle évolution de l'Humain.



   Client qui vous sentez mal à l'aise en lisant cette page, lors de votre prochain séjour, peut-être irez vous au temple, accompagner votre dulcinée provisoire. J'en connais même, parmi les pires hypocrites, dont l'absence totale de morale leur permet de jouer sans aucun scrupule la comédie du Gentil Bouddhiste au sein même de leur famille d'adoption en terre de Siam.

  Pieds nus, vous déposerez alors la fleur de lotus dans le plateau d'argent. Vous allumerez vos 3 bâtons d'encens et vous prosternerez devant l'Illuminé. Vous ferez peut-être un voeu. Vous planterez droit dans le sable les sticks incandescents. Vous déposerez méticuleusement vos feuilles d'or sur une statue. Puisque vous êtes là, c'est donc que vous êtes bouddhiste, vous savez donc qu'il faut équilibrer votre Karma.

Mais parfois, ces feuilles de métal sont si légères qu'elles s'envolent avant même d'avoir pu atteindre leur but.

Mai pen rai. Ca ne fait rien. Amazing Thailand.





   Cette page, révisée en 2018, doit dater de 2008. En 2011, j'y ajoutais le paragraphe ci-dessous.



   Deux constatations: l'écart de génération entre les Hommes occidentaux et les prostituées thaïs s'agrandit. Il n'est plus rare désormais de croiser des vieillards au bras de très jeunes filles. Ils sont septuagénaires, elles sont à peine majeures. Et je ne parle pas de gentils (grands-)pères avec leurs charmantes (petites-)enfants; les attitudes et accoutrements de ces belles ne laissent aucun doute sur la nature de leurs relations avec leur chaperon.



   Autre remarque: il m'avait semblé jusqu'à présent que ces tombeurs au charme irrésistible évoluaient sur des terrains de chasse bien circonscrits: gogobars, boîtes de nuit, promenades de quelque station balnéaire...

   Mais ne voilà-t-il pas que certains s'enhardiraient, et forts du succès de leur portefeuille sur la gent féminine payante, sortiraient de leur ghetto pathétique?

 Ils en sont désormais à aborder quelque femme dans la rue ou les galeries marchandes bien éloignées de leurs spots favoris?

 Et pour que les choses soient claires, c'est maintenant la mère de mes enfants qu'on aborde! Récemment, alors que nous déambulions dans un shopping mall de Bangkok, il a suffi que je m'écarte d'elle quelques secondes pour que celle-ci se retrouve importunée par un vieillard concupiscent...Et si encore celui-ci l'avait abordée de manière civilisée...Mais pensez-vous, pas la peine: le chasseur a trouvé son gibier. Aucune politesse, regard vitreux, distance corporelle très raccourcie...Pour un peu, il aurait posé ses mains directement sur la "marchandise" !...

Cela dit, assaillant courageux, mais pas téméraire: il a suffi que je m'approche pour qu'il détale...



Passées les bornes, plus de limites.

Messieurs, je vous en prie: allez vous soulager dans vos lieux habituels, ne prenez pas toute la Thaïlande pour votre terrain de jeux sans limites, et ne prenez pas toutes les Thaïs pour des filles faciles en quête d'illusions matérielles.

Vous n'êtes plus obnubilés par votre libido:  vous faites peur à ma compagne mais de plus vous sombrez dans le ridicule. Mais vous osez tout...c'est à ça qu'on vous reconnaît.

AMAZING THAILAND (1)










Bangkok.2009

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