Mise à jour:04/10/2019
Les voyageurs et résidents qui séjournent en Thaïlande sont majoritairement du même avis: ce pays ne pose pas de problème de sécurité particulier.
Certes, les mythologies entretenues par les voyagistes feraient passer la Thaïlande pour un pays d'une sérénité totale, un genre de "Pays des Bisounours" exempt de délinquance ou d'incivilités.
Mais le lecteur sera peut-être surpris d'apprendre que le taux d'homicide par arme à feu dans le pays est comparable aux USA (source Gunpolicy.org), pays dont les fusillades défrayent régulièrement la chronique.
Qu'il se rassure: ce taux élevé est la conséquence d'affrontements dans les réseaux mafieux auxquels il ne sera heureusement pas confronté pendant son séjour, ou bien de querelles privées qui ne le concerneront pas plus.
Ce blog tente, dans la mesure du possible, de restituer une image "équilibrée" de la sécurité au Pays du Sourire, et notamment de ce qui peut impacter le touriste de passage.
Pour tout problème, le touriste peut contacter la Police touristique, au 1155.
Le lecteur trouvera en bas de page un bilan de son action pour l'année 2018.
Tour d'horizon du pays
Le terrorisme
Le terme est générique, notamment parce qu'il recouvre nombre de situations totalement disparates: attentats aux origines étrangères, terrorisme "séparatiste" dans le Sud, opérations de déstabilisation notamment pendant les périodes électorales...
Dans les 4 provinces les plus au Sud du pays, où il fait des ravages depuis bientôt 3 décennies, il est récurrent et alimente pratiquement au quotidien les statistiques des homicides. Fusillades, attentats à la bombe ...
Il a causé plusieurs milliers de morts (dont une partie lors de la répression aveugle du gouvernement Thaksin, au milieu des années 90)
Les attentats n'y sont pas revendiqués, et même les experts (Université de Songkhla) ont bien du mal à distinguer ceux qui relèvent des mouvements islamistes qui oeuvrent pour le rattachement à la Malaisie de ces provinces à majorité musulmane, et ceux qui relèvent des affrontements entre gangs mafieux et transfrontaliers rivaux.
Aujourd'hui encore, les autorités provinciales et centrale ne semblent toujours pas être en mesure d'y mettre fin, que ce soit par les négociations avec les parties identifiées et favorables à un processus pacifique, ou que ce soit par la répression.
Du côté des voyageurs, certains de ces attentats ont causé la mort de quelques touristes malaisiens et quelques blessés graves.
Dans le reste du pays, il est arrivé que Bangkok soit le lieu de poussées d'activisme aux origines mal déterminées.
Quelques bombes ont été déposées, et il est arrivé qu'elles soient meurtrières (en 2015, l'attentat du Sanctuaire ERAWAN a fait 19 morts et une centaine de blessés).
De temps à autre, des engins sont désamorcés, (voire explosent), sans que l'origine de ces perpétrations soit claire: politique, volonté de déstabilisation, querelles privées...
Encore tout récemment (août 2019), Bangkok a vu quelques engins de petite puissance (style grenade artisanale) exploser pendant le sommet de l'ASEAN. Rares blessés légers, et suspects rapidement arrêtés.
Que pouvons-nous dire d'autre qu'aujourd'hui, chacun se doit d'agir avec prudence, se déplacer avec vigilance, et surtout sans verser pour autant dans la paranoïa...
Le terrorisme est partout sur la planète, il frappe aveuglément, et même les pouvoirs les plus "sécuritaires" n'en viennent pas à bout...
Les troubles politiques
Parfois reliés au terrorisme, ils embrasent régulièrement le pays.
La Thaïlande est un pays considéré comme "autoritaire". La Démocratie y est jeune, comparativement à nos Etats européens. La Monarchie constitutionnelle y a été instituée en 1932. Mais ce système politique est agité parfois de violents soubresauts:
- manifestations déterminées, notamment quand les scrutins démocratiques y sont remis en cause par l'Armée, pouvoir incontournable, et qui ces dernières décennies a toujours repris le contrôle du pays quand le gouvernement avait l'heur de lui déplaire...
- affrontements entre "Jaunes", considérés comme Monarchistes et Ultra-conservateurs, et "Rouges", pour l'essentiel partisans d'une Monarchie "à l'anglaise" (pour faire simple...)
Mais ces périodes sont très limitées, et ne concernent qu'un petit nombre de militants qui s'affrontent.
Par exemple, les dramatiques événements de 2010, qui ont fait une centaine de victimes, ont duré quelques semaines et ont été pratiquement circonscrits à quelques quartiers de Bangkok.
A noter qu'une grenade est tombée sur le BTS (métro aérien de Bangkok) pendant les événements de 2010.
J'étais d'ailleurs moi-même dans la capitale lors de ces événements, et je n'ai subi aucun inconvénient.
Conséquences: ces événements sont suivis sur les médias, pour autant qu'ils puissent faire leur travail de terrain, et en dehors des militants, tout le monde attend tranquillement que la crise en cours se termine.
Sur les dernières années, cela s'est résumé, pour les voyageurs, au blocage de l'aéroport de Bangkok par des manifestants quelques semaines, et de rares quartiers sévèrement déconseillés durant les troubles.
Il faut juste éviter ces zone pendant ces crises, de la même manière qu'un touriste visitant la France n'irait pas se mêler à une manifestation.
En 2015, suite à des troubles politiques sans espoir de résolution, une junte a pris le pouvoir. Le National Council for Peace and Order (Conseil National pour la Paix et l'Ordre, NCPO) est dirigé par le Général Prayuth Chan-Ocha.
Sans avoir réconcilié le pays, il semble que ses profondes divisions soient pour l'instant sous l'éteignoir.
Des élections nationales ont été fixées, puis reportées, puis se sont déroulées en 2019. Suite à un processus complexe qui n'est pas le sujet de cette page, M. Prayuth est depuis le 1er ministre du pays et donc dirige un nouveau gouvernement qui a conservé sa forte coloration militaire.
Quoi qu'il en soit, il est conseillé aux étrangers de ne pas se mêler des affaires internes au pays, que ce soit sur le plan politique ou sur le plan sociétal. On notera d'ailleurs que les réseaux sociaux sont surveillés.
A noter aussi que toute critique ou atteinte à la réputation du Roi ou de la monarchie est passible du crime de lèse-majesté.
Pour le touriste de passage, il est conseillé de ne jamais évoquer la monarchie, tout simplement .
On pourra noter aussi les incidents de frontière. Sur fond de trafics et de guerres locales, certains abords des frontières sont déconseillés.
On pourra consulter le site de FRANCE-DIPLOMATIE dont est tirée cette carte, sans perdre de vue que ce qui compte avant toute chose pour notre administration, c'est de pouvoir ouvrir le parapluie le plus vite possible et de gérer le moins de conflits pouvant survenir entre un compatriote et les autorités du pays.
La grande délinquance
Sauf à se risquer à quelque activité illégale, elle ne concerne pas le voyageur. Toutefois, on peut citer (entre autres):
- drogue (production, consommation locale, import-export)
- trafic d'armes
- trafic d'êtres humains (prostitution)
- trafics divers (bois précieux, éléphants...)
- fausse monnaie, blanchiment d'argent sale (financement du terrorisme)
- paris clandestins (seuls les paris sur les courses hippiques sont autorisés, ainsi que les paris sur les combats de coq encadrés).
- corruption. Personnellement, je l'assimile à de la grande délinquance, tant elle est érigée en système économique parallèle et coûte au pays.
La petite délinquance
Elle est permanente. Que ce soit celle des petits dealers de yaa-baa jusque dans les villages les plus anodins aux pickpockets dans la foule.
Les petits délinquants sont évidemment particulièrement actifs dans les secteurs où ils savent leues cibles plus fortunées. Par conséquent, le touriste est une cible privilégiée.
Ne pensez pas que les Thaïs sont épargnés: par exemple aux abords des lieux de culte sont diffusés des messages de vigilance en thaï.
Les arnaques en tout genre pullulent dans les lieux touristiques: elles vont du récurrent "Le temple est fermé, je peux vous emmener ailleurs" à la course de taxi surfacturée, en passant par l'appel à la générosité d'un compatriote dans le besoin, ou la vente au prix fort de pierres précieuses sans valeur.
Ces entourloupes sont répertoriées depuis des années...
La délinquance routière
Massive, permanente, mortelle. Pour les routes du pays, se reporter ICI
En résumé
Nombre de voyageurs, nourris de mythes, de publicités touristiques et d'une vision idéalisée du bouddhisme (religion de 95% de la population) visitent ce pays en semblant avoir laissé tout leur bon sens ou leur habituelle prudence en passant aux douanes.
La réalité est que la Thaïlande vit comme la plupart des autres coins du Monde. Les autochtones partagent les mêmes motivations que les autres populations et sont parcourus par les mêmes pulsions. On y rencontre sans doute la même proportion d'imbéciles, de gens charmants, de voleurs et de pickpockets, de gens pacifiques et de personnes agressives qu'ailleurs sur la planète.
Particularité, comparativement à la plupart des pays occidentaux: la corruption. Massive. A tous les niveaux, du plus humble au plus élevé. Seul le montant des enveloppes varie.
Cette corruption, systémique, c'est elle aussi qui permet à bien des résidents étrangers d'y sévir en tant que "professionnels", alors qu'ils n'en auraient ni le bagage ni l'autorisation dans un pays aux réglementations un peu plus sérieusement contrôlées.
Ne faites pas confiance à un expatrié sous prétexte que c'est un compatriote: on en connaît de redoutables qui n'ont choisi ce pays que parce qu'il est leur terrain de chasse idéal. On en connaît même qui ont poussé le cynisme jusqu'à se marier avec une autochtone pour bénéficier de visas de longue durée. Ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants ...
Aventuriers à la petite semaine, travailleurs non déclarés contournant les interdits, petits margoulins qui vous proposeront des "tarifs d'amis".
Le métier de guide est interdit aux Etrangers? Ils seront "formateurs". Telle activité est elle aussi réservée aux Nationaux? Le statut d'ONG permettra de se rémunérer tout en respectant les apparences. Ils vous vendent de la terre?...Sauf cas très particuliers, c'est interdit aux étrangers.
Et depuis quelques années et la généralisation des réseaux sociaux, ces experts autoproclamés sévissent sur les forums, Youtube et autres ... Fuyez!
Les zones les plus touristiques du monde entier attirent la convoitise des professionnels de l'entourloupe et du vol. Ils y convoitent les portefeuilles, parfois bien gonflés, des touristes étrangers. Mais les voleurs ne se cantonnent pas uniquement à ces secteurs. Ils agissent, partout où la foule se presse: marchés, grands magasins, etc...et y appliquent les mêmes techniques que leurs "confrères" d'autres pays: veste sur le bras pour masquer leurs forfaits, détournement de l'attention du public pendant qu'un complice agit, etc...Ils n'hésitent pas un instant à prendre leurs compatriotes pour cibles. Même les plus humbles d'entre eux.
Conclusions
Chacun pourra les tirer lui-même, et se faire sa propre opinion sur le terrain. Personnellement, je n'ai jamais été importuné en Thaïlande, mais j'y garde des habitudes de prudence et de discrétion.
Règles de base
Elles semblent évidentes. Pourtant, très régulièrement, des touristes font part de leurs mésaventures, en commençant par: "Si j'avais su...!"
-ne pas exhiber de liasses d'espèces en public.
- ne pas laisser traîner de matériel électronique dans sa chambre d'hôtel, et encore moins d'espèces!
-ne pas confier d'effets personnels à des inconnus (ou l'inverse, c'est à dire prendre en charge les effets d'une tierce personne) pas plus que l'original du passeport ou d'une carte bancaire.
-rester vigilant (sans être parano!) dans les lieux publics fréquentés.
- ne pas laisser d'objets de valeur dans les bagages de soute des avions ou des bus, ou sur le plateau d'un pick-up.
- être sur ses gardes quand un Thaï inconnu vous aborde. Ce qui ne veut pas dire prendre ses jambes à son cou à la moindre occasion! En règle générale, les gens ne font pas le 1er pas d'eux-mêmes. Par contre, ils se mettront en 4 pour vous venir en aide si vous les sollicitez. La plupart du temps, si un Thaï vous aborde, notamment en zone touristique, c'est qu'il à quelque chose à placer. Rien de bien dramatique, il faut bien que tout le monde vive. Ne répondez pas, il n'insistera pas.
-éviter d'utiliser les mini coffre-forts de chambres d'hôtel. C'est toujours mieux que rien mais sachez que lors d'un séjour à Koh Samui, j'avais égaré mon code, le tenancier étant absent, pas moyen de le faire ouvrir.
Une simple vidéo trouvée sur Youtube m'a donné le mode d'emploi pour le forcer: un coup de poing bien placé sur le dessus...Après quelques essais, quelle ne fut pas ma surprise de voir la porte s'ouvrir comme par magie!
A faire et ne pas faire: lois, règles, bienséance...
Voir ICI
En résumé: rien que du bon sens! Gardez-le à tout moment. Ne vous laissez pas aveugler par l'éclat de ses Bouddhas dorés, et vous profiterez au mieux de la Thaïlande. Et parfois, un Thaï pourrait vous aborder, trouvant là une simple occasion de pratiquer un anglais (ou un français, mais rarement!) un peu rouillé. Ou il sera un lettré désoeuvré, qui aura pu vivre un temps en Occident. Ou tout simplement un provincial, qui souhaite juste rompre un instant la monotonie de ses journées. Ou encore une personne qui aime rendre service, comme il y en a tant, et vous observe, un peu perdu. Et voici un farang, si rare, qui passe près de chez lui!
Savourez ces rencontres: ces instants resteront parmi les plus enrichissants de votre voyage...
Bilan de la police touristique: en 2018, ça ne s'est pas arrangé!
Parmi
les milliers d'arrestations opérées, les problèmes de taxi ont été les plus nombreux l'année dernière, a annoncé
mercredi le Bureau de la police touristique.
Le ministre du Tourisme et des Sports, Weerasak Kowsurat, a déclaré que
de janvier à octobre dernier, la police du tourisme avait réprimé des
milliers de délits allant de la surcharge de taxis à des lieux de
divertissement illégaux.
L'année dernière, la police du tourisme a renforcé la répression sur
les taxis indisciplinés et les guides touristiques illégaux.
Il a été précisé qu'en 2018, la police avait arrêté 12 679 chauffeurs de
taxi, dont plus de 5 668 chauffeurs ayant refusé de prendre des
passagers, 3 408 chauffeurs refusant d'utiliser leur compteur et 1 659
chauffeurs faisant payer des surcharges tarifaires, contre respectivement 1 681, 255 et 120 arrêtés au cours de la
même période un an plus tôt.
La police a également arrêté 1 581 guides touristiques non autorisés et
390 «guides assis», expression qui désignent ceux qui utilisent leur licence pour
accompagner un guide non autorisé qui parle des langues étrangères.Les nombres étaient de 132 et 9 en 2017.
La police du tourisme a également arrêté 6 333 voyagistes de qualité
médiocre, 26 vendeurs qui offraient des produits trop chers aux
touristes, et perquisitionné 35 lieux de divertissement illégaux.
Ils ont également découvert 1 406 cas de drogues illicites sur les
lieux touristiques, ainsi que 161 cas de «personnes influentes» portant
des armes à feu dans des zones touristiques et 9 533 cas de touristes.