CRISE POLITIQUE d'avril et mai 2010
Veuillez vous reporter à la fin de l'article pour le point sur la situation actuelle.
Quelques données, loin des polémiques des forums de voyage où quelque "farang" aura pris fait et cause pour telle ou telle "couleur", ou des medias locaux que tu ne sais peut-être pas qu'ils sont "contrôlés" par un "groupe d'intérêts" en cause dans le conflit.
J'ai séjourné à BKK du 12 au 28 avril, période marquée par les événements les plus dramatiques et meurtriers qu' a subis le Royaume depuis près de 20 ans et qui se sont prolongés jusqu'au 20 mai.
Ils auront fait officiellement 89 morts et presque 2 000 blessés.
1/ Les faits: (fin avril)
Bilan tragique, à ce jour 29 morts, plus de 900 blessés. Un correspondant japonais de la NHK est pour l'instant le seul décès étranger.
Des explosions (70) dans Bangkok, la plupart dans le secteur tenu par les "Rouges"( grenade sur le toit de la station de BTS Sala Daeng), mais aussi des attentats nocturnes perpétrés loin de celui-ci (le dernier en date ayant fait 11 blessés).
Des explosions dans la région d'Ayutthaya ( attaques de pylônes), une grenade sur un poste de police à Chiang Mai, le domicile d'un leader rouge incendié dans cette même région.
Interception d'un convoi motorisé des Reds sur la highway à Rangsit (banlieue Nord de la capitale), 1 soldat mort, 15 blessés. Des automobilistes sans "couleur" qui passaient par là mis en joue par les forces de l'ordre.
Les Rouges occupent le terrain. Dans la capitale, ils sont "retranchés" dans un secteur bien circonscrit, "Ratchaprasong", nom d'un carrefour en plein milieu de BKK, (Station CHITLOM du BTS).
Des rassemblements pacifiques demandant le retour à la paix, dans le secteur de Democracy Monument.
Sporadiquement dans le pays, essentiellement dans le Nord, des "opérations" des Rouges (immobilisation de train militaire, rétention de véhicules de police faisant le plein à une station-essence, etc...).
L'état d'urgence a été décrété dans tout le pays. C'est donc l'armée conjointement avec la police qui assume le maintien de l'ordre, elle est fondée à employer tous les moyens nécessaires, à savoir tirs, fouilles, arrestations.
La capitale est globalement "tranquille". La vie des quartiers suit son cours, les Thaïs se rendent à leur travail, les centres commerciaux sont débordants d'activité, comme tous les jours.
On constate une forte présence militaire sur tous les axes menant à la capitale, contrôles de véhicules, files sur les highways affectées aux checkpoints, donc circulation souvent très difficile (et déjà en temps normal, le trafic est souvent congestionné).
Les voyageurs ne sont pas pris à partie, et il faut vraiment se trouver au mauvais moment et au mauvais endroit pour courir un danger.
2/ En tant que touriste, que faire?
#Je suis déjà sur place, ou j'arrive bientôt à BKK:
a/ Eviter impérativement le secteur de Ratchaprasong déjà cité, malgré ses nombreux attraits (et ce qui me touche plus particulièrement, Erawan Shrine).
Ce qui est d'ailleurs plus facile à dire qu'à faire, Chitlom se trouvant sur la très fréquentée Sukhumvit Line du BTS.
b/ Circuler en BTS et Metro le moins possible.
c/ Eviter de circuler la nuit, l'essentiel des affrontements et explosions s'étant déroulé après 18h.
d/ BKK est constellé de sites gouvernementaux ou contrôlés par telle ou telle partie (ministères, casernes, medias divers).
Personne ne peut affirmer qu'ils ne seront pas pris pour cible un jour ou l'autre. Ne pas y "traîner".
e/ Eviter tout rassemblement de foule "suspect" (banderoles, couleurs, slogans...), même si les touristes ne sont jamais pris à parti.
f/ Eviter de porter les couleurs "en jeu": rouge, jaune, rose.
#Je prépare mon voyage:
a/ Eviter Bangkok serait dommage, mais la situation peut évoluer d'un instant à l'autre et peut affecter le tourisme dans la capitale.
Prévoir donc un "plan B".
b/ Les spots touristiques provinciaux (Phuket, Koh Samui, Koh Chang, etc...) ne présentent aucun danger.
c/ Le nord et l'Issan sont perturbés par des manifestations imprévisibles, (on a signalé une explosion à Chang Mai), mais elles restent à ce jour très épisodiques.
C'est pour l'instant l'impasse totale dans le conflit. Personne ne peut savoir comment la situation peut évoluer.
Les analystes invités sur les télévisions internationales (France 24, ChannelAsia, AlJazeera, NHK) professeurs à Sciences Po, Université de Singapour, etc... évoquent désormais un scénario-catastrophe tout-à-fait possible, à savoir une guerre civile qui enflammerait le pays, tant la situation paraît inextricable et les acteurs du conflit en grande tension.
Il faut donc envisager cette évolution si on prépare un voyage pour les prochains mois.
En espérant bien entendu que la raison prendra le dessus, et que les Thaïs trouveront les formes les plus apaisées pour rétablir le dialogue dans un premier temps, et "signer" une paix politique et sociale le plus tôt possible.
3/ La "feuille de route":
Le 4 mai 2010, le Premier Ministre a proposé une feuille de route aboutissant à la dissolution du Parlement en septembre et à la tenue d'élections en novembre, ce qui correspond à peu près aux revendications de l'UDD.
Les responsables de l'UDD semblent accueillir favorablement la proposition, attendant des dates fermes.
Cette feuille de route n'engage que le PM qui reste donc maître du calendrier, puisque dissolution et appel aux urnes sont en son pouvoir.
Il pourrait donc appliquer le calendrier sans attendre un accord des autres partis de la Chambre.
Au 6 mai 2010, c'est du côté du PAD (les Jaunes ) que la feuille de route pose problème, celui-ci estimant que le PM n'a pas à agir sous la pression des "terroristes".
Bref, et sans porter un jugement sur telle ou telle partie, une porte de sortie semble entrouverte, mais tout n'est pas réglé, et il faudra attendre quelques semaines pour avoir la garantie que la situation retourne à "la normale".
Les conseils du paragraphe 2 sont à mon sens toujours d'actualité.
4/ 8 mai 2010:
On observe une accalmie dans les déclarations des leaders rouges, qui soutiennent désormais le plan de sortie de crise du Premier Ministre.
Mais cette nuit, on a relevé 1 nouveau décès dans les rangs de la police, ainsi qu'une dizaine de victimes, à la suite d'une explosion de grenade et d'une fusillade.
Ces attentats ont eu lieu dans la zone déjà indiquée précédemment.
Bref, si la grande majorité des leaders et des militants semble pouvoir s' entendre sur une solution pacifique, il faut craindre que les exactions mortelles des extrémistes (jamais identifiés comme auteurs directs des attentats) continuent, voire redoublent.
La plus grande prudence s'impose toujours.
5/ 10 mai 2010: où?
On signale un attentat à la grenade dans la nuit du dimanche soir au lundi sur une agence de la Bangkok Bank dans le secteur de Ratchadaphisek (nord-est de la capitale).
Dans le secteur de Bang Sue, c'est devant un des domiciles du Président de la commission électorale qu'on a relevé 3 bombes qui n'ont pas explosé.
Pas de victime.
Si le spectre d'un soulèvement général semble pour le moment s'éloigner, plus que jamais, personne n'est en mesure de connaître à l'avance les lieux des prochains attentats, ils peuvent intervenir à tout moment dans n'importe quel quartier de la capitale.
6/ 12 mai 2010
Le PM Abhisit a fixé au Mercredi 12 mai à minuit la date limite d'auto-dispersion du rassemblement de Ratchaprasong.
Le CRES (Centre de résolution de l'état d'urgence) indique que pour "mettre la pression", le quartier sera bouclé, tous approvisionnements et transports publics coupés (le BTS fermant à minuit de toute façon).
Le risque d'affrontements violents et directs cette nuit est donc très important dans cette zone.
Ne pas circuler dans le quartier, et si possible rester à son hôtel cette nuit.
7/ 13 mai 2010
Le CRES a suspendu son projet de bouclage du quartier Ratchaprasong. Le PM n'obtenant pas la dispersion volontaire du rassemblement des rouges, la feuille de route devant aboutir à des élections à la Chambre basse en novembre est désormais annulé.
Retour à la case départ: situation confuse, incertitude politique, stabilité du pays pas assurée.
8/ Soirée du 13 mai
Les événements sont encore confus à 22h heures locale, mais le Maj-général Saeh Deng (branche armée des Rouges) a été touché par une balle à la tête tirée par un sniper.
Les télévisions montrent des tirs et explosions dans Ratchaprasong, "plusieurs personnes hospitalisées". Fait rarissime, les télévisions du pays ont interrompu leurs programmes du soir (soaps suivis par une grande partie de la population) en demandant aux Bangkokians de ne pas emprunter le BTS, celui-ci étant en cours de fermeture avant l'heure normale.
Les journalistes indiquent que le quartier est désormais fermé à la circulation, 2 rues supplémentaires, de Pathumwan intersection et Charoenpol, et de PratuNam intersection à Makkasan, l'électricité et l'eau devraient être coupées dans la soirée.
Rester impérativement à son hôtel toute la nuit.AlJazeera/Bp/FrInter (6:20 heure locale)
9/ vendredi 14 et Samedi 15 mai:
Un vaste périmètre allant de Klong Toey à Sala Daeng/ Lumpini est bouclé par l'Armée.
On ne signale aucun trouble en dehors de ce secteur; trafic d'ailleurs fluide.
Dans la zone:
- lourdes explosions espacées
- mouvements militaires en nombre et coordonnées
- tirs et explosions sporadiques (grenades, cocktails molotov,...)
- affrontements directs avec des groupes de "terroristes" ( 500 selon l' Armée)
- entre 10 et 20 morts, de 150 à 200 blessés
- 2 journalistes blessés aux jambes ( 1 Thaï, un Français de FR 24)
- Seh Daeng dans le coma.
Le bouclage est poreux, selon un journaliste sur Fr Inter qui a pu entrer anonymement dans le périmètre, et se rendre jusqu'au camp de Ratchadamnoen.
Le réseau BTS et le MRT sont totalement fermés.
L'issue est incertaine selon les medias, les Rouges indiquent qu'ils peuvent tenir plusieurs jours.
On ne relate aucun incident sur BKK en dehors du secteur, ainsi que dans le reste du pays, 17 provinces toujours sous état d'urgence.
10/ Samedi 15 mai:
Ce matin, un journaliste intervenant sur France-Inter a indiqué qu'il avait pu entrer anonymement dans le secteur et se rendre jusqu'au camp central des Rouges, démontrant ainsi la "porosité" du cordon délimitant la zone.
Plus tard, on a relaté des tirs hors de la zone de bouclage, au Nord de celle-ci, en allant vers Victory Monument.
Les rouges se rassemblaient par ailleurs sur 3 points du pourtour, pour tenter de rompre l'encerclement et ravitailler les groupes.
Ratchapraroad est déclarée "life-firing zone": l'Armée est autorisée à tirer à vue à balles réelles "pour se protéger".
Le public et les journalistes sont enjoints à quitter la zone.
Il semble donc que la zone de combat ait pu ou pourrait s'étendre à tout moment dans n'importe quelle direction.
Pour situer le plus précisément possible les zones à éviter:
http://maps.google.co.th/maps/ms?ie=UTF8&oe=UTF8&msa=0&msid=116480606892254086046.0004817fafbb87b0951c0
(Merci au membre de Vf qui a trouvé ce lien très utile; les infos qui y figurent sont "non-confirmées" par d'autres medias).
Reuters:
"Les soldats réalisent peut-être quelques progrès en ce qui concerne l'isolement de la zone mais le prix à payer est élevé", a déclaré Thitinan Pongsudhirak, professeur de sciences politiques à l'université de Chulalongkorn.
"Est-ce que le gouvernement va réussir à disperser la foule et s'engager vers une sortie de crise ? La réponse est non, pas jusqu'à présent, et il y a encore un long chemin à parcourir", a-t-il ajouté.
Il est peu probable que cela se termine rapidement. Il va y avoir plusieurs escarmouches dans les prochains jours mais nous restons confiants dans notre capacité à faire diminuer le nombre (de manifestants) et reprendre la zone", a dit une source proche du chef de l'armée Anupong Paochinda.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé vendredi à un arrêt des violences, faisant part de son inquiétude face aux affrontements sanglants.
Aljazeera:
Abhisit: "Nous tentons de ramener l'ordre avec le minimum de pertes humaines"...C'est la seule façon de mettre fin au rassemblement".
L'Ambassade US met en garde ses ressortissants en ce qui concerne des voyages non-essentiels en Thaïlande.
11/ Dimanche 16 mai:
- Pas d'accalmie dans la zone des conflits
- Violents affrontements sporadiques sur le périmètre
- On rapportait hier des tirs et des victimes en dehors du secteur, au nord de celui-ci
- Une seconde zone, au Sud du secteur (Bon Kae/Rama IV) a été déclarée "live-firing zone" (tirs à balle réelle, danger mortel)
- Une explosion sur Nonthaburi dans la nuit de samedi (agence de la Bangkok bank), au nord-ouest de BKK. Pas de victime.
- 1 leader rouge: on ne bouge pas
- Le PM Abhisit: on continue, un couvre-feu pourrait être mis en place
- ONU: appel à la cessation des violences, M. Abhisit répond: affaire interne.
- M. Jatuporn (leader rouge): "Il est temps de solliciter notre Bien-aimé Père de la Nation, de la même façon qu'en 1992 il sut mettre fin au sang versé".
- les écoles du secteur fermées jusqu'au 24 mai
- collecte de sang dans tout BKK organisée par la Thai red Cross.
-5 régions de plus en état d'urgence
-appel à la médiation internationale de la part des leaders rouges
-le gouvernement refuse toute ingérence étrangère
-M. Jatuporn , leader rouge, appelle les supporters à manifester dans tout le pays, là où ils se trouvent
-Le personnel de l'Ambassade US autorisé à rentrer aux USA s'il le souhaite
-Lundi 17 et Mardi 18 déclarés vacances officielles par le gouvernement
-BTS et MRt totalement fermés jusqu'à lundi inclus
12/ Lundi 17 mai:
-On rapporte des tirs indéterminés sur un hôtel non loin de la zone, touristes bloqués, à l'abri.
Ils'agit du Dusit Thani, situé juste à l'extérieur de la zone de conflit direct.
-L'Armée a signalé aussi des tirs d'origine inconnue venant du Century park, du haut d'un immeuble en construction.
- La situation est toujours aussi violente à BKK, dans et aux abords de la zone centrale
- l'ultimatum du PM a été rejeté par les femmes et les personnes âgées du camp central
Evolution en province: suite à l'appel de leaders rouges de leur camp de Sala Daeng, on rapporte des mobilisations des supporters un peu partout dans le pays:
- rassemblements pétitionnaires à Chiang Mai
- un bus de ramassage militaire a été incendié dans la région (pas de lien avéré avec la situation)
- pneus enflammés à Phayao
- A Ubon Ratchatani, pneus brûlés et tentative d'intrusion de supporters sur une base militaire, dispersés par des tirs de sommation
- Appels au dialogue d'autres parties s'élevant un peu partout dans le pays
-La compagnie d'électricité de Thaïlande indique qu'elle relève au maximum le niveau de sécurité des centrales hydro-électriques du pays.
Reuters: "Le pire est peut-être encore à venir dans la crise qui s'approfondit".
"La faille qui s'élargit est de plus en plus difficile à franchir. Les partisans de la manière forte gagnent du terrain et les modérés ont été écartés" (V.Nethito,Chulalongkorn University)
"De nombreux "Ainés" de la Nation ont été discrédités, polarisés, politisés et poussés vers une extrémité ou l'autre du spectre politique.
"...ll ne reste plus personne, ou plus aucune institution suffisamment puissante pour modérer le conflit"..." Sans médiateur, le risque grandit dans le Nord et le Nord-est, bastion des Chemises rouges, terre natale de plus de la moitié du pays..."
Des signes épars d'agitation sont apparus dans le pays ces derniers jours..."
M.Petty/B.Tarrent.
Paroles bien inquiétantes. J'espère pour ma part que le quasi-consensus des analystes sur l'immense danger que court tout le pays sera contredit dans les prochains jours...
Calme, prudence, lucidité... Mais étant donnés faits, analyses des experts locaux et étrangers, inquiétude des Thaïs "neutres" eux-mêmes, mon propre pressentiment...
...Que les cieux sont bien sombres...
13/ Mardi 18 mai
- Négociations?
BANGKOK (Reuters) - Un chef de file des "chemises rouges" thaïlandais annonce être d'accord pour l'ouverture de négociations sous l'égide du Sénat.
"Nous avons accepté de participer à une nouvelle série de discussions proposées par le Sénat parce que si nous laissons les choses se poursuivre ainsi, nous ne savons pas combien d'autres vies seront perdues", a dit Nattawut Saikua, lors d'une conférence de presse dans le camp retranché des opposants au gouvernement.
Les négociations seraient conduites par un groupe de 64 sénateurs qui ont offert une médiation pour obtenir un cessez-le-feu immédiat.
Nattawut a précisé qu'il était de l'intérêt du chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva de parvenir à un dialogue pour mettre fin aux violences.
- réaction du gouvernement: "L'appel au cessez-le-feu est un non-sens".
- On ne relate pas de violences cette nuit dans la zone de conflits
- Un bâtiment vide a été incendié sur Silom.
- Pas d'incident relaté dans le reste de Bkk ni dans le pays.
- 47 pays mettent en garde leurs ressortissants sur un voyage en Thaïlande, dont 12 au plus haut niveau.
- 10 000 arrivants par jour au lieu de 27.000 à 30 000 quotidiens à Suvarnabhumi.
- Le Tourism Authority of Thailand suggère pour sa part des villes comm Cha ham, Hua Hin, Phuket, Krabi, destinations sans danger.
-"Ce n'est que le début (de la prise de contact), mais c'est le genre d'offre qui n'a pas de poids suffisant tant que le Sénat ne parle pas d'une seule voix", selon Somjai Phagaphasvivat, politologue à la Bangkok's Thammasat University.
(Les Sénateurs sont élus pour moitié par le suffrage populaire, pour une autre moitié choisis collégialement parmi les hauts fonctionnaires et personnalités de haut rang, note personnelle).
-"Je doute que les discusssions mènent à la résolution de la crise politique", ajoute Kavee Chukitkasem, dirigeant de la Kasikorn securities, une compagnie de trading de BKK.
"Le gouvernement pose pour préalable à toute négociation la fin du rassemblement, tandis que les Rouges demandent des pourparlers au gouvernement avant de mettre fin à leur mouvement".
De plus, les divers leaders de l'UDD ne cachent pas leurs divergences de points de vue sur la statégie à suivre pour leur mouvement, comme le relevait encore aujourd'hui le Bangkok Post.
On est donc en plein dans un "dialogue de sourds", tandis que les écoles de BKK sont placées en vacance officielle jusqu'à Vendredi, et que l'ONU estime que "la spirale de la violence pourrait échapper à tout contrôle d'un instant à l'autre".
14/ jeudi 20 mai:
On signale jeudi des "poches de résistance" dans la capitale.
- Les bus fonctionnent
- Les TV diffusent leurs programmes et les seules infos autorisées par les autorités.
- Le porte-parole du gouverneur de BKK rapporte 31 immeubles en flammes ce jeudi matin
- Le couvre-feu de 20h à 6h est prolongé pour 3 jours, allégé de 21h à5h.
On ne signale pas d'affrontements dans BKK, des patrouilles quadrillent la ville.
Le centre(Ratchaprasong/Silom) est impraticable pour plusieurs jours étant donné les dégats. Les medias parcourent la zone complètement désertée.
Le Siam discovery et le Siam Paragon semblent avoir été épargnés par les violences.
Il est possible que les centres commerciaux ferment plus tôt pour quelques jours encore par mesure de sécurité.
La consigne circule chez les habitants de faire quelques provisions.
15/ Vendredi 21 mai:
Bangkok: retour à la normale "progressif".
-Le PM Abhisit déclare que l'ordre a été rétabli et appelle à la réconciliation nationale.
-Les autorités devraient alléger peu à peu l'état d'urgence.
-BTS et MRT pourraient reprendre le service d'un jour à l'autre, mais resteront fermés aujourd'hui.
-Les voyageurs empruntant des vols de nuit ne sont pas concernés par le couvre-feu, il leur faut simplement être munis de leurs billets d'avion.
-Nord et Nord-est:Les opérations des forces de l'ordre se poursuivent dans les territoires du nord et du nord-est (23 régions toujours sous couvre-feu, de 9pm à 5am): arrestations, fermetures de radios, etc...
-Violences sporadiques, radio gouvernementale partiellement incendiée, ...
-Sur Chiang Mai, certaines rues sont fermées au public.
-Les écoles sont fermées.
16/ Samedi 22 mai:
Sur BKK, le retour à la normale continue.
Les centres commerciaux sont ouverts comme à leur habitude, et des services bancaires y ont ouvert ce week-end.
Le réseau bancaire public devrait rouvrir dans son intégralité dès lundi.
Le BTS et le MRT fonctionnent dimanche, seules 2 stations dégradées pendant les affrontements resteront fermées au public.
Les horaires d'ouverture de 6h à minuit reprendront dès lundi.
Hormis l'extrême-sud, toujours affecté par des événements dramatiques malheureusement bien fréquents, on ne signale ni violence ni attentat dans le reste du pays.
17/ Mardi 25 mai:
La situation est désormais normale à BKK, mais le couvre-feu est prolongé d'une semaine, de minuit à 4h du matin.
Tous les magasins doivent fermer à l'heure, dans les 23 provinces concernées.
511 personnes ont été arrêtées par la police pour ne pas l'avoir respecté.
Ce couvre-feu ne concerne pas les voyageurs, par exemple pour prendre un vol de nuit.
Attention toutefois aux taxis; il est possible qu'on rencontre des difficultés pour en trouver après le début du couvre-feu.
18/Jeudi 3 juin:
Le centre de sécurité a indiqué aujourd'hui que l'état d'urgence pourrait se prolonger plusieurs mois dans les 23 provinces concernées dont Bangkok, la décision en incombant en dernier ressort au gouvernement.
.
(Bangkok Post/Channel3/ Channel9/ AlJazeera/ France-Inter/Reuters/Siamnews/TheNation/And so on)