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samedi 3 juillet 2010




(mise à jour: 0101/2019)



   Je ne suis pas un praticien professionnel. Cette page est basée sur des données médicales à la portée du grand public, croisées avec des observations personnelles sur le terrain.



  Au sujet des Culicidés, ma seule expertise vient du fait que je suis le meilleur anti-moustiques vivant de la famille, puisque si l'une de ces femelles maringouins s'approche de nous, sa piqûre est forcément pour moi.

 D'ailleurs, plus personne dans mon entourage ne conteste ce statut chèrement acquis depuis pratiquement 2 décennies.



 Cette page n'a qu'un objectif: être utile au voyageur, et lui permettre de visiter ce pays en toute sérénité, c'est à dire sans fièvre et avec le moins de démangeaisons.

Bon voyage!






ACTUS





Juin 2019: les cas de dengue doublent déjà le total de l'année dernière






  
L'épidémie de dengue en cours en Thaïlande est «la pire en cinq
ans» avec plus de 22 000 patients - dont 30 sont décédés - signalés à ce
jour, a déclaré hier le directeur général du Département du contrôle
des maladies, le Dr Suwanchai Wattanayingcharoenchai.


 

Treize autres décès sont actuellement à l'étude afin de déterminer s'ils ont été causés par le virus.


Bangkok (1 678), Nakhon Ratchasima (1 420), Nakhon Si Thammarat (1
050), Ubon Ratchathani (948) et Chon Buri (800), a indiqué M. Suwanchai.


 


«Le problème le plus grave se situe dans le nord-est, en particulier
dans la neuvième aire de santé [couvrant les provinces de Nakhon
Ratchasima, Chaiyaphum, Buri Ram et Surin] et la 10e aire de santé
[Mukdahan, Yasothon, Si Sa Ket, Ubon Ratchathani et Amnat Charoen), a
rapporté plusieurs décès liés à la dengue »,
a-t-il déclaré.



Il a ajouté que l'Est et le Grand Bangkok comptaient également un
nombre élevé de patients atteints de dengue, ajoutant que le nombre de
patients au cours des cinq premiers mois de 2019 était le double du
nombre de cas de dengue de l'année dernière.


 

Souche la plus grave

 


L’infection virale saisonnière transmise par les moustiques est causée
par quatre sérotypes - DENV 1, DENV 2, DENV 3 et DENV 4 - et la plupart
des patients thaïlandais souffrent de la souche la plus grave DENV 2, a
déclaré Suwanchai.

Par conséquent, a-t-il dit, les personnes devraient consulter un
médecin si elles ont une forte fièvre pendant deux à cinq jours ou
d’autres symptômes tels que maux de tête, douleurs oculaires,
vomissements, toux sèche ou éruption cutanée.



Il a également appelé les cliniques et les pharmacies à ne pas
prescrire de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) aux
personnes ayant une forte fièvre, afin de prévenir le risque de
complications mortelles.
Il a également appelé les organismes concernés à détruire les zones d'incubation de larves de moustiques.


Le rapport du Département de contrôle des maladies indiquait qu'entre
janvier et le 22 mai, il y avait eu 22 203 patients atteints de dengue
et 28 décès, soit le double du nombre de l'année précédente, soit 11 704
patients et 16 décès.


Il y avait 11 062 patients et 19 décès en 2017; 17 614 patients et 16 décès en 2016; et 16 171 patients sur 10 décès en 2015.

Cette année, 1 513 patients étaient dans le groupe d’âge des 0 à 4 ans avec quatre décès; 8 988 patients âgés de 5 à 14 ans avec 10 décès; 8 310 personnes âgées de 15 à 34 ans avec 10 décès, 2 747 personnes âgées de 35 à 59 ans avec quatre décès; et 645 au-dessus de 60 sans aucun décès, lit le rapport.

 

(Source: The Nation via Khon Kaen News)












SANTE DU VOYAGEUR/ Version courte pour les lecteurs pressés


 Séjour  "classique" dans des zones touristiques, jusqu'à 1 mois:







Avant le départ



-mise à jour des vaccins de base (DTP, etc...)

-achat de répulsifs corporels "spécial tropiques" à l'Icaridine ou au DEET

-traitement des vêtements avec un répulsif à la perméthrine (bain ou spray)

-achat de crème solaire haute protection



Et c'est tout!




Sur place



-Usage régulier de répulsifs (plusieurs fois par jour)

-Idem pour la crème solaire

-Vêtements clairs, couvrant les jambes et les bras, notamment en début et en fin de journée.

-Moustiquaires (aux fenêtres par exemple)

-Protection soleil (chapeaux, ombrelles, toits, tonnelles, abri anti-aérien)






SANTE DU VOYAGEUR/ Version longue pour les lecteurs patients


 Séjour  "classique" dans des zones touristiques, jusqu'à 1 mois, ou séjour plus long.


Généralités, remarques et observations personnelles





   La Thaïlande est un pays très bien couvert médicalement, ce sur 3 niveaux: local, de district, et provincial.

Toutes les grandes villes sont équipées en hôpitaux ultra-modernes (on vient d'ailleurs de l'étranger pour bénéficier de soins performants).

     Les petites villes ont des cabinets médicaux ou dentaires et des pharmacies, les villages possèdent en général un dispensaire.

     Il est d'ailleurs à noter que depuis la fin des années 90, l'offre de soins pour les autochtones a été réorganisée et modernisée, et désormais la plupart de la population bénéficie de prises en charge efficaces, même si, comme dans bien des pays, plus on est riche, mieux on sera soigné.






Pharmacie-produits de beauté dans un  village d'Isan



 Pour le voyageur: tous les médecins sont au fait des diverses pathologies tropicales, et le seul problème sera la barrière de la langue, barrière qui a toutefois tendance à disparaître même dans les coins reculés, où nombre de praticiens des jeunes générations parlent (au moins un peu) l'anglais.



Les recommandations médicales peuvent varier selon différents paramètres.



Bien tenir compte:



- du profil médical personnel et des antécédents. Commencez donc par faire le point avec votre médecin de famille. Séjourner sous les tropiques, même pour une courte durée, ce n'est pas séjourner en Normandie ou dans la Creuse. 

Toutefois, notez que peu de ces praticiens sont au fait des spécificités du pays.



- du parcours envisagé: ville? campagne? forêt?...



- de la saison 



- de la durée du séjour



- du type d'activités, et même des heures de sortie (diurne/ nocturne)





Les vaccinations "de base"




   Ne pas négliger les "DTP" et autres "carnets de vaccination", parfois oubliés au fond d'un tiroir, notamment chez les plus âgés d'entre nous.

Vérifier suffisamment à l'avance,  pour d'éventuelles mises à jour/injections. 

 Voici  la liste locale des vaccins systématiques, de 0 à 16 ans, en milieu rural. Ils sont faits à tous les enfants, dans les dispensaires locaux.

 Chacun pourra voir selon sa "philosophie": d'évidence, inoculer un vaccin n'est pas une opération "neutre".

 A noter que le vaccin contre l'hépatite A, s'il n'est pas sur la liste, n'est désormais pas inutile pour le voyageur occidental (plus il est d'une jeune génération, plus la probabilité est élevée qu'il n'ait pas été affecté précédemment). 

Pour les indigènes, une grande partie de la population a déjà été confrontée à ce virus et s'en trouve "immunisée".




-poliomyélite

-rougeole

-rubéole (à vérifier)

-tétanos

-diphtérie

-coqueluche

-encéphalite japonaise (voir plus loin)

-hépatite B (*)




(*) compte tenu des modes de transmission, je n'en vois pas l'intérêt dans le cadre familial. Les personnes ayant des conduites à risque, du genre injections ou partenaires sexuels multiples pourront l'envisager.











Les maladies transmises par les moustiques




   La reproduction des moustiques se déroule essentiellement pendant la saison humide. Les femelles pondent dans des "eaux dormantes" où la larve se développe. 


    Toutefois, la rive d'un bras d'eau à l'écart du courant, une citerne agricole, une petite flaque, un pot de fleurs au bac à eau mal vidé, suffisent à faire d'excellentes "pouponnières" où Madame trouvera le terrain idéal pour assurer sa descendance.

    La définition des territoires "à risques" est donc très complexe: une zone infestée peut se trouver circonscrite à quelques centaines de mètres autour d'un point d'eau (j'ai lu par ailleurs que les spécialistes estiment à 50m de rayon la "zone de chasse" du moustique femelle) alors qu'une autre parcelle avoisinante sera exempte de tout danger.




L'immense majorité des moustiques locaux est "inoffensive". Une piqûre provoquera les mêmes réactions qu'en Europe: des démangeaisons.


 Une recette de grand-mère, toute simple et valable partout: déposer un peu de savon de Marseille sur la piqûre soulage les démangeaisons. Choisir un savon sans parfum, celui-ci pouvant attirer les moustiques. On peut aussi se procurer un onguent local (voir tout en bas de la page).

-le délai entre une piqûre qui transmet un virus et l'apparition des 1ers symptômes est parfois très long (jusqu'à 10 ans pour certaines formes de paludisme). Les autorités médicales en tiennent évidemment compte dans leurs études.












Pharmaciennes, à Ayutthaya.









Toutes les grandes villes du pays ont des pharmacies nombreuses. Trouver un pharmacien parlant anglais ne pose pas de problèmes dans les zones touristiques, et il sera habitué aux soucis courants des voyageurs. 

On trouvera aussi des pharmacies dans les supermarchés (Tesco Lotus, Big C, etc...) 

 On trouvera les mêmes molécules sous diverses marques locales, les Imodium, paracétamol, anti-tussifs, etc... la plupart en vente libre, ainsi que des médicaments plus pointus et délivrés sans ordonnance contrairement à la France, comme des antibiotiques à large spectre par exemple.

 Toutefois: 

-les autres médicaments ne sont pas délivrés sans ordonnance (il faudra passer par une consultation)

-les posologies ne sont pas toujours traduites, donc faites-les bien préciser au pharmacien. 

-les personnes entrant dans le pays sont invitées à déclarer les médicaments de genre antidépresseurs, psychotropes, etc... qu'elles importent avec elles. Dans le pays, on ne plaisante pas avec les substances assimilables à des "drogues"!

En cas de traitement lourd ou de quantités importantes, il est préférable de posséder la prescription du médecin. Sa traduction en anglais (ou en thaï) par un traducteur reconnu par les Ambassades peut être utile. On peut consulter les tableaux de la FDA, disponibles sur la toile, en anglais.






PALUDISME



  Un des plus fréquents fantasmes du touriste. Et malheureusement, je constate souvent que le praticien européen n'est parfois pas plus au fait que son patient.


   La situation de la Thaïlande est "complexe". Le voyageur qui affirme "Il n'y a pas de paludisme en Thaïlande" est autant dans l'erreur que celui qui affirme le contraire: le risque de paludisme est très divers selon les régions, d"inexistant" à "prévalence" en passant par "contamination sporadique".

   La situation du voyageur, a priori de passage, et les dispositifs de protection qu'il peut envisager n'ont évidemment rien à voir avec ceux des populations locales qui peuvent être confrontées au paludisme.



Quelques chiffres:

-32 millions de Thaïs sont considérés comme des populations à risque.

-en 2010, 80 cas mortels de paludisme

-en 10 ans, le nombre de personnes infectées a été divisé par 3.



Ces chiffres qui pourraient alarmer le touriste sont à relativiser: les malades sont pour la plupart des travailleurs locaux, exposés dans des zones à risque relativement bien définies, et qui se protègent peu.

Du fait des déplacements de ces travailleurs (par exemple quand ils retournent passer leurs congés dans leurs familles éloignées) on pourrait penser que le risque est très étendu, mais il est en fait très limité pour la grande majorité du pays. Il en résulte toutefois des cartes "en mosaïque".











   Donc, globalement, pas d'inquiétude particulière à avoir pour un séjour basique en zone touristique, mais à réévaluer selon les lieux et types de séjour prévus. 

Il est évident que 6 mois de crapahute en zone infestée ou 15 jours de temples et de plages entraîneront différents niveaux de protection. 

Ce qui est certain, c'est ce qu'affirment les médecins locaux qui prennent en charge les malades: les voyageurs qui sont contaminés sont ceux qui n'ont pas utilisé de moyens de prévention (ce qui ne veut pas dire traitement interne!) contre les piqûres de moustiques en général, et à partir du crépuscule en particulier.

   Le moustique anophèle femelle, unique vecteur du paludisme,  ne pique pas dans la journée mais dès que le jour baisse (et dans la zone tropicale, la nuit arrive tôt).

   TOUS les traitements préventifs sont lourds et présentent de nombreux effets secondaires possibles: par exemple le Doxypalu présente des risques de photosensibilisation ( dans le pays, difficile d'éviter le soleil!), la Malarone des effets digestifs indésirables.
  
On notera par ailleurs qu' un traitement pourra éventuellement être prescrit en cas de séjour long, sans excéder 3 mois mais qu'aucun n'est efficace à 100 %.


Et et de toute façon en cas de fièvre prolongée il faut impérativement consulter avant toute prise de médicament hors paracétamol.



   Ce qui veut dire que tout traitement interne ne peut être envisagé qu'en complément des moyens préventifs externes habituels:



-vêtements longs dès la fin de journée

-répulsifs

-moustiquaires






















   Dans un article du Bangkok Post en date du 23/08/2011, le Dr. Pratap, professeur associé à la Faculté de médecine tropicale Mahidol, indique qu'en Thaïlande, la plus haute incidence se situe  dans les zones forestières à fort relief  et cours d'eau situés dans les provinces de Kanchanaburi, Chanthaburi, Trat, Sa Kaeo, Ratchaburi, Tak, Chumphon, Prachuap Khiri Khan, Songkhla, Narathiwat, Ranong, Yala et Mae Hong Son, le paludisme étant la 1ere cause de maladie tropicale des voyageurs qui se présentent aux Centres de soins.

 Les souches présentes dans ces régions étant résistantes, il lui semble inutile de prendre des traitements médicaux, ceux-ci pouvant d'ailleurs avoir des effets secondaires importants.

   Pour le Dr. Pratap, la meilleure protection contre le paludisme est donc de se prémunir des piqûres de moustiques.

  Il rappelle d'autre part que la maladie se déclare en général quelques jours après l'infection, mais que le phénomène pourra se produire des mois, voire des années plus tard.

La page  de la Mahidol University ICI





D'après le BEH, Le choix d’une chimioprophylaxie doit tenir compte :



• des zones visitées classées en pays du groupe 1, 2 ou 3 selon la fréquence des résistances à la chloroquine, au proguanil et à d’autres médicaments (tableaux 3 et 4)

• de l’intensité de la transmission

• de l’âge et du poids du voyageur

• de ses antécédents pathologiques

• d’une possible interaction avec d’autres médicaments

• d’une précédente intolérance aux antipaludiques

• d’une grossesse en cours ou envisagée

• des conditions et de la durée du séjour

• de l’évaluation de l’observance en fonction des modalités de prise




Thaïlande



Le risque de paludisme existe toute l’année dans les zones rurales :

– Particulièrement en forêt et en montagne, dans tout le pays, surtout à proximité des frontières internationales, y compris dans les provinces les plus méridionales

– Il n’y a pas de risque dans les villes (comme Bangkok, Chiang Mai et Pattaya), sur l’île de Samui et dans les principales stations touristiques de l’île de Phuket

– Il y a toutefois un risque dans d’autres zones et îles

– Résistance de Pp falciparum à la chloroquine et à la sulfadoxine-pyriméthamine signalée

– Résistance à la méfloquine et à la quinine signalée dans les zones bordant le Cambodge et le Myanmar

– Infection humaine à P. knowlesi signalée

– Prévention recommandée dans les zones à risque : groupe 1 ; dans les zones proches des frontières avec le Cambodge et le Myanmar : groupe 3








DENGUE









   C'est actuellement, pour ce pays, LE risque majeur de maladie par piqûre de moustique. Il concerne TOUT le pays, VILLE, CAMPAGNE ou BORD de MER, et le moustique pique LE JOUR.




    Compte tenu de la météo changeante, la dengue est pratiquement présente à l'état endémique tout au long de l'année, avec des pics épidémiques: la Thaïlande est d'ailleurs le pays de la région le plus touché par cette affection dite "endémo-épidémique", ainsi que le Laos. 



   En Thaïlande, entre 60 000 et 80 000 personnes sont infectées par la dengue chaque année, et 2010, année record, a vu presque 117 000 personnes touchées. 





   Dans le pays, on note un pic de transmission très marqué de mai à septembre, correspondant logiquement à la saison des pluies.

Les épidémies sont plus fréquentes en ville (80% des moustiques spécifiques en sont porteurs).

En fait, le moustique transmettant cet arbovirus d'une personne infectée à l'autre, c'est donc logiquement dans les lieux de fort peuplement humain qu'il se répand le plus.

 7 à 10 personnes pourraient ainsi être contaminées par un unique individu moustique femelle porteur du virus.

 L'augmentation de la population, la vitesse accrue des transports, différents facteurs modernes concourent à la croissance de cette maladie qui est un enjeu majeur de santé publique.

A noter que les chiffres disponibles sont largement sous-estimés, selon une étude locale récente.



   Les populations les plus touchées sont les enfants et les jeunes adultes: dans le pays, les moins de 15 ans représentent plus de la moitié des personnes infectées. On note depuis quelques années une augmentation sensible de l'âge médian des malades.














  

   La dengue est véhiculée par le moustique tigre femelle. Il existe 4 types de dengue. L'infection par un de ces 4 sérotypes procure une immunisation de longue durée vis-à-vis de ce sérotype, mais ne protège pas des 3 autres .Une première affection pourrait rendre une seconde plus sévère, hypothèse bien connue des populations locales, qui redoutent, non pas une première dengue, mais l'éventualité d'une seconde.

 Les 4 sérotypes circulent dans toute la zone d'Asie du Sud-Est, mais en Thaïlande c'est le sérotype DEN-1 qui est largement majoritaire.

   Le moustique serait plus actif tôt le matin et avant le coucher du soleil, se reposant aux heures les plus chaudes de la journée, mais il pique à toute heure quand il est réveillé.



 Il n'existe aucun vaccin ou traitement préventif. Le vaccin n'en est encore qu'au stade expérimental et d'essais humains. A noter que c'est SANOFI, un labo français, qui effectue des tests grandeur nature en Thaïlande, notamment sur 4 000 jeunes du pays, les sujets les plus à risque.

En attendant, même si la première piqûre en général n'aura pas de conséquences vitales, il faut essayer de se protéger au maximum.



   Fièvre, grande fatigue: les symptômes peuvent être facilement confondus avec ceux d'un gros refroidissement, ou d'une grippe, ce qui fait qu'on ne consulte pas toujours et qu'on se contente bien souvent d'une simple automédication. Elle se bornera à du paracétamol et du repos. Les formes asymptômatiques sont d'ailleurs très fréquentes (45 à 70% des cas). C'est en tout cas la maladie la plus à même de pourrir le séjour d'un touriste, en le clouant au lit plusieurs jours.



Les formes sévères sont graves, voire mortelles, notamment chez l'enfant, mais exceptionnelles:



-5% des cas sont affectés par une forme sévère.

-de 1 à 20% de ces cas de formes sévères sont mortels (BEH 2012).

















ENCEPHALITE JAPONAISE


  

Tout d'abord, des chiffres: 34 cas d'Occidentaux touchés sur les 30 dernières années, dont 2 touristes seulement. Le risque est 1/20 000 à 1/5 000, suivant la durée du séjour. Je traite donc ce sujet en raison de sa proximité familiale personnelle, mais le voyageur lambda sera rarement concerné.

 Les zones touchées sont les zones rizicoles pratiquant l'inondation, ce pendant la saison des pluies. Les activités de plein air sont plus "à risque", car le moustique transmetteur vit à l'extérieur des maisons. La vaccination est recommandée pour un séjour de plus de 30 jours, dans ces zones, à cette saison.

     A noter qu'en zone rurale, cette vaccination est pratiquée en milieu scolaire sur tous les enfants (je me réfère à notre cas familial, province de Khon Kaen), ce qui prouve que pour les personnes y vivant à l'année, cette maladie est prise en considération.


 
  
Par ailleurs, on pourra relever que le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, qui recommandait auparavant la vaccination uniquement pour des séjours prolongés en zone rizicole et saison des pluies, la recommande désormais toute l'année. 


A chacun de voir... le BEH (et ses archives) est disponible ICI













PROTEGEZ-VOUS DES MOUSTIQUES!



   
Après ce riant panorama des affections dont les moustiques sont le vecteur, je ne le dirai jamais assez: ne paniquez pas à  la moindre piqûre, mais protégez-vous au mieux des moustiques. 


 Ce sont des gestes simples qui sont les plus efficaces. Ils ne garantissent pas le risque zéro, mais les voyageurs tombés malades l'ont la plupart du temps été parce qu'ils n'ont pris aucune mesure préventive.

  



Compte tenu de l'aspect empirique de ce chapitre, ce qui suit est à prendre comme des remarques personnelles faites à partir d'expériences personnelles au niveau de mon vécu, tu vois...











AVANT LE DEPART




   On peut appliquer un traitement répulsif sur les vêtements (disponible sous forme liquide ou en spray) à la perméthrine. Résistant au lavage, il offre une bonne 1ère barrière, mais revient assez cher si on veut traiter toute sa garde-robe. Il ne convient pas aux enfants.

 

-Les sprays répulsifs à l'Icaridine ne sont pour l'heure pas disponibles en Thaïlande. Si vous préférez cette molécule, considérée par l'OMS comme plus efficace et moins agressive pour le corps, il vous faut donc vous en procurer en Europe.


  On peut se les procurer en pharmacie ou sur le web avant le départ. Il
faut prendre la formule "SPECIAL TROPIQUES", plus concentrée en
principes actifs.




Notez qu'ils restent dangereux pour la femme enceinte, et totalement proscrits pour les enfants en bas -âge (voir chapitre en bas de page).

 




 






Répulsif européen à base d'Icaridine



 





- Personnellement, j'utilise à l'extérieur ce répulsif corporel. Il est conseillé JOUR et
NUIT, mais pour ma part je n'emploie un répulsif que lorsque je sors ou
que je me trouve dans un lieu sans moustiquaires.







 


    Dans le pays, on peut se procurer des marques locales mais en concentration du principe actif bien moindre.

La conséquence est qu'un produit local moins cher mais de 3 à 5 fois moins concentré ne présente pas le même niveau de protection.

  Ce n'est pas parce qu'un produit est fabriqué en Thaïlande qu'il est plus efficace (à gauche, un produit Soffell).




 A ce propos, ne prenez pas pour argent comptant des affirmations erronées, et qui deviennent malheureusement vraisemblables à force d'êtres répétées sur les forums de voyage: non! un produit local n'est pas forcément plus efficace: tout dépend de sa concentration en principe actif!


Ce n'est pas parce que l'étiquette d'un produit est écrite en thaï que les moustiques locaux comprendront le danger...











   Les
durées de protection indiquées sur les répulsifs achetés en Europe, en
général 4 heures, me semblent nettement surévaluées. D'expérience, une
application toutes les 2 heures est nécessaire. Ce qui signifie qu'il
faudrait pratiquement toujours emmener son répulsif sur soi. De plus,
les produits européens finissent par revenir très cher, sans parler
de l'encombrement si on séjourne longtemps!



















Répulsifs locaux à base de citronnelle.






Si vous cherchez un agréable désodorisant pour la maison...






parce que côté répulsif, c'est pas trop ça!


























Piqûre? Ca vous gratouille ou ça vous chatouille? Employez un onguent local. 






Moins de 1 euro! 




















AUTRES CONSEILS 











-Préférez des vêtements clairs, et longs. Les vêtements sombres emmagasinent la chaleur, ce qui attire les moustiques. Notez toutefois que les moustiques peuvent souvent piquer à travers le tissu. Donc ne vous sentez pas protégé parce que couvert.





- DE JOUR COMME DE NUIT, sieste toujours derrière des moustiquaires. Tous les hébergements, sauf exception, en sont équipés, la plupart du temps sur cadre - fenêtre. Il n'est pas inutile de voyager avec un adhésif de réparation pour obstruer les trous éventuels dans les moustiquaires fixées aux fenêtres.





-Avant de dormir, une petite vaporisation d'un aérosol anti-moustiques (on en trouve partout) dans la pièce est assez efficace. La diffusion doit se faire hors de la présence des enfants. On ferme les fenêtres, on vaporise, on sort, on rouvre les fenêtres pour aérer (rien de particulier).


    A condition que les fenêtres soient équipées de moustiquaires, bien entendu! A ce propos, vérifiez les joints des bâtiments: une diffusion sera totalement inefficace si les murs de la salle de bains ne sont pas jointés (de plus, son humidité attire les moustiques) ou si les conduits d'aération ne sont pas filtrés par des moustiquaires.





 - Diffuseurs électriques (thermiques à base de solutions ou de plaquettes): disponibles dans tout le pays (7/11 ou supermarchés): très efficaces. Si vous les achetez en Europe, veillez à bien choisir des dispositifs "spécial tropiques".





Tout le reste des dispositifs externes, spirales, bracelets, ultra-sons, lampes UV, pierres magiques ou autres: efficacité toute relative, voire nulle, comme tout récemment encore (2018) démontré en laboratoire par des vrais scientifiques avec des blouses blanches (reportage diffusé sur la chaîne française n°5)




- Les moustiques se dirigeraient vers leurs "proies" en repérant la chaleur corporelle. L'emploi de l'air conditionné va les "leurrer", en abaissant notre propre température. Il est donc très recommandé. Toutefois, ne pas régler la température au-delà de quelques degrés d'écart avec l'extérieur: un air conditionné glacial vous protègera mieux des moustiques, mais si c'est pour choper une crève qui va vous pourrir le séjour, ce n'est pas vraiment un avantage!

En général, je règle le thermostat à 25/26°C. 


Pour ceux qui arrivent dans le pays pour la 1ère fois, la présence de couvertures chaudes dans les hôtels pourra étonner. Elle est ainsi justifiée: 25°C, pour un Thaï, c'est "froid". N'hésitez pas à baisser la température de la pièce, et à dormir sous les couvertures.

 Il arrive aussi que des "vagues de froid" se produisent dans le pays, notamment dans le Nord et le Nord-Est. En plaine, les températures moyennes peuvent descendre à 12/15°C.



-Les moustiques n'aiment pas le vent. Ce qui explique en partie pourquoi ils sont moins présents dans les lieux bien ventés. L'usage du ventilateur (FAN) est donc conseillé.



-La sudation attire les moustiques (ce qui expliquerait que les populations locales, transpirant moins, seraient moins sujettes à piqûres). Se doucher plusieurs fois par jour aura 2 intérêts spécifiques: abaisser momentanément la chaleur corporelle (ne pas prendre de douche glacée, risque de "choc thermique"!) et évacuer la transpiration.



-Eviter de porter des parfums, ils attirent les moustiques. Selon des études récentes locales, les dégagements de "vapeurs" d'alcool les attireraient aussi.






POUR LES PETITS




   Les enfants, de part leurs activités de plein air, sont parmi les plus exposés aux piqûres de moustiques.  En dessous de 3 mois, tout type de produit leur est interdit. A partir de 3 mois, on peut trouver des formes très peu concentrées (crèmes vendues en pharmacie, du genre PREBUTIX). Les pharmaciens français sauront vous conseiller en consultant leurs bases de données.



   Les huiles essentielles sont aussi proscrites pour les enfants en bas-âge. En général, les principes actifs, même s'ils sont extraits de la nature, sont prohibés, notamment pour des risques de réaction allergique. Ce n'est pas parce qu'un principe actif est biologique qu'il est sans danger pour un bébé. De plus, de nombreux  produits se revendiquant "bio" ou "naturels" ont des molécules de synthèse qui entrent dans leur composition.



   Pour les plus petits touristes, le plus efficace pour éviter tout risque de paludisme est de limiter leurs sorties dès la nuit tombée (pour les territoires où un risque existe, par exemple en forêt). Quand on met en relation avec l'ensemble du pays les zones bien délimitées où le paludisme sévit , le risque statistique est très faible et très circonscrit, et pratiquement absent des zones touristiques les plus fréquentées.

   Le reste du temps, c'est à dire dans la journée, le  risque principal est la dengue (en dehors de l'encéphalite japonaise, mais seuls les voyageurs séjournant dans les zones rizicoles inondées sont concernés). La dengue est très présente dans le pays (se reporter au paragraphe la concernant) et les enfants sont particulièrement sensibles à cette affection.

Pour une famille faisant du tourisme, le risque augmente évidemment avec le temps de présence dans le pays. La forme sévère, très rare, peut présenter un danger réel. Ce cas n'est pas à exclure, mais il est statistiquement rarissime pour un séjour touristique de quelques semaines. L'enfant a bien plus de risques de souffrir d'insolation ou de déshydratation que de dengue sévère.

    La dengue (ou chikungunya) est très présente dans nos DOM-TOM, et les épidémies ont fait mieux connaître cette maladie au grand public. Renseignez-vous sur votre parcours avant de partir, et prenez le maximum de précautions, notamment dans les zones à forte concentration humaine où la dengue survient.

    Une 1ère protection efficace consiste à habiller l'enfant de la tête aux pieds: les vêtements produits localement sont bien adaptés, très légers (privilégier le coton) et absorbent la transpiration, celle-ci pouvant attirer les moustiques. Un petit passage en supermarché (BigC, Tesco, etc...) dans les premières heures du séjour n'est pas inutile pour faire une garde robe complète à moindres frais.



  Mes filles, adolescentes, utilisent le répulsif SOFFELL qui est en photo ci-dessus. Comme je l'indiquais, sa concentration en principes actifs (DEET) est bien moindre que les répulsifs pour adultes: j'y ai trouvé une certaine efficacité et pas d'effets secondaires. 




A noter tout de même que ces demoiselles étant "MADE IN THAILAND", j'ai aussi constaté qu'elles transpiraient beaucoup moins que leur papa, pur produit de la banlieue parisienne. Ceci explique peut-être cela.

   Quant à leurs mères, natives de l'Issan, elles font comme 90% des locaux: elles ne mettent rien. Et font un voeu. Cette absence de protection est la conséquence de plusieurs facteurs: manque d'éducation sanitaire, habitudes, manque d'argent (les produits efficaces sont chers), fatalisme...




   Mais les locaux qui peuvent se protéger le font.



   D'ailleurs, parlez de la dengue à mon beau-frère: il se rappellera avec effroi son dernier séjour dans un hôpital de Bangkok il y a quelques années. Par chance, employé d'une grande firme japonaise, il avait une bonne couverture-santé. Mais il redoute une prochaine infection...

  

   Les parents voyageant avec des poussettes-cannes ou des systèmes de portage pourront disposer des moustiquaires. Les magasins de sport de plein air, camping, etc...en proposent des toutes faites. Les tissus sont aussi en vente au mètre dans les magasins de bricolage, de jardinage, etc...

 Soit elles sont déjà imprégnées, soit on les imprègne soi-même, à condition qu'elles n'entrent pas en contact direct avec les enfants de moins de 3 mois.






APRES LE VOYAGE


  

  Dernier conseil: après le voyage, compte tenu des délais d'incubation, si une fièvre apparaît, il faut impérativement indiquer au médecin que le patient a séjourné en zone tropicale. Cela doit en principe faire partie des questions que vous posera tout praticien compétent, notamment en période de retour de vacances et cette indication pourra permettre de diagnostiquer plus rapidement une affection tropicale éventuelle.



  ...Et ne paniquez pas à la moindre piqûre !... Si vous saviez le nombre d'insectes pointus qui sévissent sous les tropiques et sans aucune conséquence sur la santé des Humains...







FORUMS



   Méfiez-vous des vantards qui sévissent sur les forums de
voyage et autres réseaux sociaux: certains se bombardent experts et
prescripteurs après avoir passé quelques semaines dans le pays en
courant d'un spot touristique à un autre.

 D'autres, installés au pays, vous expliqueront qu'ils ne se protègent jamais et sont en pleine santé.

 Il m'est même arrivé de lire un de ces expatriés qui passent leurs journées sur les forums: sur l'un, il se vantait
de ne jamais se protéger, sur un autre, il expliquait n'avoir jamais été
aussi
souvent malade que depuis qu'il est en Thaïlande, et sur un troisième il demandait des avis aux lecteurs sur ses symptômes...

Malheureusement, contre cette affection qu'est la bêtise, il n'existe aucun vaccin: seul l'isolement du malade a une efficacité avérée... et encore, uniquement pour limiter la transmission...

Pourtant, vu le nombre de cas qui ont été révélés grâce à la généralisation des réseaux sociaux, le chercheur qui trouverait le remède ferait immédiatement fortune !

Alors prenez tout ce que vous lisez avec des pincettes, ayez une lecture critique des informations qui vous sont proposées... y compris celles de ce blog!














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