Il faut distinguer les types d'hépatites, sources de fantasmes, leurs modes de transmission, les risques de développer de graves pathologies, la santé du voyageur et celle des populations locales.
1/ L'hépatite A:
Très fréquente, même en Europe, elle est annoncée comme endémique en Thaïlande. Elle se transmet par les aliments et l'eau contaminée (transmission oro-fécale).
L'OMS estime de 40 à 70% la population européenne qui a déjà été infectée par le HAV en développant des formes bénignes (jaunisse) parfois sans même s'en rendre compte ( formes asymptômatiques).
Les populations les moins prémunies seraient les Scandinaves (15%).
Ses formes graves sont très peu fréquentes, mais dangereuses. Elles peuvent aboutir à des pathologies très lourdes, un enfant infecté pouvant par exemple développer à l'âge adulte une forme rare et dangereuse.
Les populations locales sont très souvent prémunies, car elles ont développé auparavant des formes bénignes.
On constate aussi des transmissions intra-familiales, sans avoir pu isoler les modes de transmission. Apparemment, le virus pourrait subsister dans l'atmosphère plusieurs jours après avoir été projeté par un porteur.
Il existe 2 moyens de s'en prémunir:
a/ Observer des règles d'hygiène alimentaire très strictes:
- lavage systématique des mains au savon avant tout repas ou dégustation
- ne boire que des eaux en bouteilles encapsulées
-éviter les glaçons en-dehors des hôtels de standard international (ils utilisent de l'eau filtrée)
- ne pas consommer sans précautions de fruits ou légumes frais pelés ou épluchés, mais il semble difficile de pouvoir éliminer tout danger de manger un aliment contaminé, par exemple des crudités préparées en cuisine de restaurant !
Solution hydroalcoolique au buffet (géant!) du Siam Paragon
Exemple concret: un vendeur de rue propose un appétissant fruit pelé. Ne pas hésiter à demander de faire peler un nouveau fruit devant soi, et se laver les mains (ou ne pas poser les doigts dessus directement) avant de le déguster: moment gourmand et santé protégée!
Le gouvernement thaïlandais diffuse des messages d'alerte en cas de pic épidémique (c'est arrivé il y a quelques années, suite à la contamination de glaçons dans une usine industrielle).
Ne vous privez pas: prenez simplement quelques précautions!
b/ Se faire vacciner, avant le départ (protection totale et durable), ou même sur place, le vaccin étant très rapidement efficace.
Attention à conserver de strictes habitudes d'hygiène même si on est vacciné: c'est la 1ère barrière contre les maladies. On peut par exemple évoquer l'hépatite E (HEV) qui se transmet comme le HAV, particulièrement dangereuse pour la femme enceinte, et pour laquelle il n'existe pas de vaccin.
2/ L'hépatite B:
Elle se transmet par contact sanguin ou sexuel. Elle concerne donc le voyageur dans des aspects très précis: tatouage, opération dentaire (choisir un cabinet moderne et bien équipé), drogue par injection, contacts sexuels,...
Il existe 2 moyens de s'en prémunir:
a/ Observer des règles strictes tenant compte de ce qui précède.
b/ Se faire vacciner (même remarque que pour l'hépatite A); une double-vaccination A/B existe.
B/ LE CANCER
Pourquoi évoquer cette affection sur un blog de voyage consacré à la Thaïlande? Parce que ce pays a le triste record du plus grand nombre de personnes atteintes par un cancer des voies digestives au Monde.
C'est notamment dans la région du Nord-Est, et tout particulièrement dans la province de Khon Kaen, que le cholangiocarcinome (cancer primitif des voies biliaires) présente la plus forte prévalence mondiale. Ce cancer, pourtant relativement rare sur la planète, est à évolution rapide et à pronostic inquiétant. C'est un véritable problème de santé publique, ici comme dans de nombreux territoires de l'Asie du Sud-Est.
Le lien direct a été établi entre la forte présence de parasitoses parmi la population et la survenue de ce cancer. Ces parasitoses sont très courantes, pour 2 raisons essentielles:
-les modes de vie des locaux.
-leurs modes d'alimentation.
Ces parasitoses sont pour l'essentiel transmises par l'ingestion d'aliments insuffisamment cuits, notamment les poissons et fruits (de mer ou d'eau douce).
La seule manière de s'en prémunir est donc de les cuire de manière adéquate afin de détruire les parasites qui pourraient y résider, et donc de ne jamais les manger crus.
Les médecins locaux conseillent aussi de limiter les consommations d'aliments fermentés. Très appréciées par les populations locales, les préparations de poissons fermentés ou de saucisses doivent être consommées avec modération.
Toute survenue de symptômes doit faire consulter. Les traitements anti-parasitaires sont très efficaces.