samedi 22 mai 2010

KLONGS (I)







   Surnommée pendant longtemps "La Venise de l'Orient" en raison de l'infinité des klongs (canaux) qui la parcouraient, Bangkok offre encore la possibilité d'une belle balade dans un passé de cartes postales.

   La construction de ce réseau artificiel s'étendit sur des siècles, impulsée notamment sous le règne de Rama III (1787-1851), devenant au fil du temps des axes importants des transports de marchandises, facilitant les échanges commerciaux (floating markets), la pénétration des marchandises venues du Golfe, et l'irrigation des cultures.







   C'étaient aussi de bonnes protections contre les inondations, récurrentes pendant la saison humide, permettant une meilleure régulation du niveau des eaux par le draînage et l'évacuation dans le Chao Praya.

De nos jours, sauf erreur de ma part la pluie tombe toujours.On récupère désormais les eaux par un immense réseau de collecteurs.

 Démographie galopante, assainissement d'un pays qui fut longtemps ravagé par le paludisme (ce n'est plus le cas), découverte des modes de développement du choléra (Pacini, 1844 et Koch, 1883) maladie source de dramatiques épidémies, les klongs furent peu à peu comblés par les monarques suivants. De nombreuses artères de la capitale suivent d'ailleurs leur tracé. Dès le début du 20è siècle, plus de la moitié du fret de marchandises s'effectuait par la route.

 Toutefois, il subsiste 2 284km de klongs, chiffre qui peut paraître élevé, mais à relativiser selon l'intérêt touristique plus ou moins important selon les quartiers.

Par exemple les quartiers lointains de la Banlieue Nord n'offrent pas un spectacle bien réjouissant.




   



   Il vaut donc mieux se limiter aux spots touristiques, la balade attire d'ailleurs des milliers de touristes et par conséquent les prix sont plus élevés que par le passé.  

   Ne pas hésiter à marchander, pour le coup, les tarifs de base proposés sont souvent prohibitifs. Pour info, le salaire minimum officiel à Bangkok est de 300b par jour. 



  En décembre 2011, les tarifs allaient de 950b par personne pour 5 heures (en groupe) à 900b par personne pour 1 heure (en "privé").

 A noter que la compagnie Chao Phraya Express Boat propose une excursion à la journée, uniquement les weekends, "Les 9 temples". Départs de Sathorn ou Thamaharat. Les tarifs sont de 599b le samedi, et de 450b le dimanche. Guide-accompagnateur anglophone inclus. Départs à 8:30 am et retour à 5:00 pm. Passage à Koh Kret, petite île formée par une boucle du fleuve.

(Pourquoi 9 temples? Parce que les Bouddhistes estiment que visiter 9 temples dans la même journée porte chance).




Par ailleurs, les khlongs qui traversent encore Bangkok sont un bon moyen d'éviter ses bouchons légendaires.  On trouvera les lignes ICI


Prenez tout de même vos précautions!






 


 







    En dehors des croisières qui permettent de remonter le Chao Phraya, on peut faire de belles balades lointaines dans des banlieues encore préservées, les klongs desservant toujours une infinité de petits villages tranquilles (même s'ils n'ont plus l'aspect de ceux du 19è siècle!)

  Plus proche du centre, en circuit organisé ou plus individuel, on parcourra avec intérêt les klongs proches des Temples, tout en croisant quelque vendeuse de fruits (malheureusement, elles sont de plus en plus rares) ou en observant les activités familiales des riverains.

    Promenade agréable (attention aux coups de soleil!) si on met de côté la qualité des eaux, bien loin de celle qu'elles présentaient sans doute par le passé, et l'aspect quelque peu "intrusif" dans l'intimité des familles qui vivent au bord de l'eau, pour le meilleur mais aussi parfois pour le moins bon.



   J'ai pour ma part fait une belle balade en 2003, partant de Nonthaburi. Très impressionné par les facteurs circulant à toute vitesse en "Longtail boats" pour aller distribuer le courrier jusqu'aux Bangkokians les plus isolés.

   Malheureusement, j'ai perdu tous mes négatifs (Comme le temps de l'argentique paraît déjà loin!) dans un déménagement.

   C'est d'ailleurs une des raisons qui m'ont poussé à ouvrir un blog: stocker mes photos et les faire partager dans un contexte familial.

   Petit à petit, le blog s'est étoffé et a pris d'autres sens.







  Pour terminer cet aparté: ma première épouse habitait un petit village non loin de Bangkok, au bout duquel coule un large klong tranquille.

   C'est ainsi que je me suis rendu compte que pour bon nombre de Bangkokians éloignés, le klong reste une source d'activités: acheminement des marchandises, et plus simplement: pêche au filet. Je n'ai pas fait analyser les chairs des poissons, mais la soupe de poisson-chat était délicieuse!

Par contre, pour un poisson grillé, je préfère les carpes d'élevage et autres tilapias élevés dans tout le pays dans de bonnes conditions sanitaires.

Pression démographique, urbanisation galopante, le retraitement des eaux usées fut longtemps négligé. Ce n'est qu'en 1990 qu'un programme réellement ambitieux fut mis en place, avec un système de collecte moderne et d' usines de retraitement.







   Mais le retard est difficile à combler, pour un problème qui est dû avant tout à la démographie ( plus de 700 000 habitants sur Thonburi par exemple), l'essentiel des déchets venant des activités des foyers aux occupants bien souvent mal informés.



                                                Sources principales: Macalester College. St.Paul. Minnesota/ BMA. Mr. Chanchai Vitoonpanyakij

jeudi 20 mai 2010

KLONGS (II)

 C'est beau, les klongs.

Pour bien des voyageurs en Thaïlande, c'est une des expériences qui laisseront sans doute un des souvenirs les plus marquants.

Au détour d'un canal, une débauche de végétation, une maison en bois préservée, une petite marchande de fruits maniant sa rame, son chapeau de paille typique...intemporalité, cartes postales couleur sépia, de celles qui font rêver dans les guides touristiques.

Voyage dans un passé mythique, quand les klongs représentaient des voies de communication vitales.

Avec le développement du tourisme local, les Thaïs eux-mêmes se mettent à redécouvrir ces trésors.

Pour les Bouddhistes, la Tournée des 9 temples au bord du Chao Praya et de ses canaux est aussi l'occasion d'accumuler les mérites. 9 temples dans la même journée, c'est une promesse de chance et d'événements favorables pour le futur.



   La maison de New est en bord de klong, dans la grande banlieue de Bangkok.

Pas exactement du genre des klongs qu'on fait voir aux touristes. Succession de baraquements abandonnés, de dépotoirs malodorants et d'usines bruyantes.









 Pour accéder à la maison de New, on longe le mur d'enceinte d'un lotissement au confort "à l'occidentale". Barrières, poste de garde, semblent vouloir protéger la montée de la classe moyenne dans la hiérachie sociale.



  Protégée, la maison de New ne l'est en rien. Au détour du chemin, une allée de béton surélevée chemine à travers champs.







  A gauche, les habitations. A droite, des terrains vagues, inondés en ce mois de juillet, saison des pluies.

 Premières bâtisses faites de bric et de broc, planches, couvertures, tôles de récupération: les slums. Un peu plus loin sur le ponton, une petite rangée de maisons sur pilotis, plutôt pimpantes, rehaussées de notes de peintures qui détonent sur le ciel gris.

Et la maison de New.



   Ton, le père de New, a un bon travail. Il est employé dans une usine d'électronique. Pas de quoi mener grand train, mais assurer à sa famille de quoi vivre, un logement décent et une couverture santé .

Sur la terrasse, le père de New est là, en short, allongé, les yeux fermés. Deux proches s'affairent autour de lui et le ventilent en agitant des journaux.

Entrée dans le minuscule intérieur tout simple.

Une maison de poupée. Les fenêtres de bois s'ouvrent sur le canal.



La chambre est au fond. Le corps de New est là, gisant. Un T-shirt de sport, un short. Son club  de football préféré. Allongé sur un petit matelas.

L'autel, la bouteille de soda et sa paille.  Les prières, l'encens. Les volutes emplissent la pièce et filtrent la lumière des fenêtres minuscules.

Le cercueil blanc attend, dans un coin de la chambre.

Dans 3 jours, la crémation.

Des serviettes de toilette ont été disposées sur le buste, les jambes et les bras.

"On dirait qu'il dort".

Il est beau, New. Il a 8 ans. Visage cuivré. Insouciance enfantine. Dans ce sommeil à la parfaite apparence, seule se remarque, étonnante, la petite coloration bleutée des lèvres.

Il est beau, sur la photo d'école, il pose fièrement dans sa tenue de soie.

   Nee, sa mère, agenouillée, veille la dépouille. Elle prend des photos avec un petit compact, le visage inondé de larmes.

Derrière elle, une jeune cousine répond au téléphone. La sonnerie du mobile retentit souvent. C'est une grande famille, et tous les proches viennent aux nouvelles.

On n'a pas compris. Il avait de la fièvre. Il était très faible. On l'a emmené à l'hôpital. Fièvre hémorragique. Il est mort. 3 jours. Le médecin a dit: il n'y a rien à faire.

Alors, on s'est rappelé  la première forte poussée de fièvre, le petit alité, quelques années auparavant. Ici, la première dengue c'est comme une grosse grippe.

Mais à la deuxième, on sait que le pire peut survenir. Surtout chez les enfants.



   Ton entre, soutenu par Night, son autre fils. Il fixe un regard interrogateur sur le corps inerte. Il se penche en avant, tend la main, serre la jambe gauche, puis la jambe droite.

Rien.

   Depuis que son enfant repose, il fait ainsi. Toujours ainsi. Il entre, traverse le salon, pénètre dans la chambre, sollicite le corps, puis, le regard dans le vague, ressort et se laisse retomber de nouveau sur la terrasse, à demi évanoui.



Etat de choc.



   On explique aux parents qui appellent. Certains pourront venir de Khon Kaen pour la cérémonie. D'autres non. La distance, la rizière, les bêtes, l'usine, les enfants...la vie.



   Nous glissons une enveloppe dérisoire dans la main de Nee. Nous sortons. Silence. Seuls retentissent les bruits de l'usine d'emboutissage située sur l'autre rive du canal. Rythme imperturbable.



  On n'a pas compris. Il n'y a rien à comprendre. Ici, on appelle ça le mauvais karma. La malchance. La fatalité.

New est victime des probabilités. Un klong insalubre, des eaux stagnantes, un champ inondé, des familles qui vivent là. Et un insecte à la recherche du sang qui assure la survie de son espèce.

Une femelle moustique a un rayon d'action de 50 mètres. Ce n'est pas bien vaste, un cercle de 50m de rayon. C'est même plutôt assez restreint. Une première atteinte, puis une seconde. Fatale. Et un enfant meurt.



   Nous, nous voyageons. Nous vivons l'immense bonheur de parenthèses enchantées, de promenades inoubliables, de paysages à couper le souffle, de rencontres d'êtres humains vrais.

 Découvertes. Partages.

 De par notre volonté, nous dessinons nos itinéraires sur des cartes exotiques où les lieux portent des noms étranges.

Nous choisissons nos moments, nos étapes.

Au gré de nos parcours, nous croisons un sourire lumineux dans un train, un visage enfantin, tout brun, tout rond, qui pose un regard curieux sur un Etranger si blanc, une petite silhouette vêtue d'un T-shirt maculé, portant le logo défraîchi d'une marque de soda, une petite troupe en uniformes, cartables sur les épaules, surprise, sur le chemin de l'école: Farang!Farang!

Ou un corps, immobile, apaisé, reposant dans les parfums de l'encens...



   Ils vivent, courent, pleurent, jouent, rient. Et meurent. Parfois vite. 3 jours. Parfois très tôt. Trop tôt. Sans rides. Sans avoir eu aucun des souvenirs d'un adulte. Et les parents leur survivent. Désarmés. Désemparés. La moitié du coeur arrachée.

 Nous, nous voyageons.

 New, cher neveu, je pense à toi.





















mercredi 5 mai 2010

L'or

  L'or. En Thaïlande, les bijouteries sont traditionnellement tenues
par des Chinois. Ou plutôt des "Sino-Thaïs", c'est à dire des Thaïs
d'origine chinoise. Et c'est donc à Yaowarat qu'on  trouve la plus forte
concentration de ces commerces.





    

A noter que cette communauté, dont les origines migratoires remontent jusqu'à 4 siècles, est totalement intégrée à la population d'origine siamoise. Une partie de la famille du roi Chakri I, fondateur de la dynastie toujours régnante, était d'ailleurs d'origine chinoise, et de nombreux ministres, et plusieurs 1ers ministres, ont eux aussi des ancêtres chinois.

    Mais cette communauté  n'en conserve pas moins quelques traditions culturelles. C'est ainsi que le Nouvel an chinois est fêté à peu près partout dans le pays, et que divers cultes sont rendus à des dieux et déesses chinois. Elle représenterait désormais plus de 9 millions de Thaïs, pour 14% de la population globale.



   Dans toutes les villes de Thaïlande, on trouve des bijouteries aux
devantures rouges (ou parfois marron).

   Dans le pays, les bijoux sont à
23 carats, soit 96,5% d'or, ce qui fait sa réputation mondiale. Les 3,5%
restants sont constitués d'argent ou de bronze, chacun donnant une
teinte spécifique aux bijoux. Et si vous voulez vendre un bijou en or
acheté en France, beaucoup plus altéré, vous n'en tirerez qu'une somme
très inférieure à celle que vous avez dépensée à l'achat.

   

   Le cours de l'or est établi 4 fois par jour par la Guilde qui encadre
sévèrement son commerce, puis affiché en général à l'entrée du magasin.
Les tarifs des bijoux ne sont donc jamais indiqués, puisque
logiquement, ils varient dans la journée.

   La Thaïlande est le 3ème importateur d'or, après l'Inde et la Chine.
Les Thaïs thésaurisent beaucoup, l'or est une valeur refuge
traditionnelle, et il est à noter que tout le monde se promène avec ses
bijoux dans la rue ou dans les transports en commun sans que j'aie
jamais assisté à une seule agression.

   Dans les magasins, vous verrez la
plupart du temps un agent de sécurité. Endormi, ou lisant le journal.







   Une autre particularité amusante, c'est que ces bijouteries sont parmi les
échoppes les plus réfrigérées du pays.

  L'air conditionné y maintient
souvent une température qui doit tourner dans les 20 degrés. Sacré "choc
thermique" par rapport aux 32 ou 38° de la rue.

   Cette température est
censée illustrer la réussite commerciale du patron: plus il fait froid,
plus il dépense de l'électricité, et plus cela démontre que son commerce
est prospère, ce qui, dans les esprits locaux, ne peut que renforcer la
confiance de l'acheteur potentiel qui entre dans sa boutique...

mardi 4 mai 2010

Où et quand partir?



   Mise à jour 15/01/2019





   Question récurrente pour le voyageur: mais quand donc partir en Thaïlande, et où?



   Une chose est sûre: ce n'est pas sur les forums de voyage qu'il faut s'attendre à obtenir des réponses pertinentes.



   D'une part, ils sont fréquentés par de nombreux prestataires locaux. Ou quelques-uns de leurs amis.



Celui qui travaille à Chiangmai ne va pas décourager le touriste d'y venir en juillet. La pérennité de son activité, sa survie et son bien-être dans le pays, les études de ses enfants, le standing d'une épouse locale: comprenons bien ses impératifs personnels.



 Il ne répondra donc pas au voyageur que, si le centre-ville convivial de la capitale du Nord ne pose pas de problème en ce mois-là, il en est tout autrement des petites routes de montagne envahies par la pluie, des rivières grossies par les eaux de ruissellement, et des sentiers couverts de boue qui mènent aux villages de quelque tribu des montagnes.



 Et quand je parle de "village", ce ne sont pas les pauvres attractions touristiques transformées en zoos humains, tenues par des potentats locaux et dont les habitants ne reçoivent qu'une infime partie des sommes dépensées par les touristes.



   De même, l'hôtelier de Phuket ne va pas décourager le client potentiel de venir au mois d'août, où "Nous n'avons pas eu de pluie depuis 3 jours".

 Et comment se fait-il qu'aucun Thaï ne se baigne, que la liaison maritime vers telle île est coupée, et que tous les hôtels un peu honnêtes de la région ont inscrit sur leur site web "basse saison"?



   D'autre part, les touristes venus dans le pays, même plusieurs fois, qui prennent le temps de répondre ont une vision, certes honnête, mais partielle de la météo locale. C'est d'ailleurs d'une pure logique: allez en Normandie en juillet, et retournez-y l'année suivante: vous avez de fortes probabilités d'y avoir noté des météos fort différentes.



  En outre, je lis souvent des assertions du genre "En général, il fait beau à Bangkok toute la journée, et les orages arrivent en début de soirée". Ce qui m'amuse toujours quand je suis dans la capitale sous la pluie à 8h du matin, à 11h, ou à 15h...



  Alors. On part quand? Quelques éléments de réponse, venus de ma pratique, de mes questionnements auprès de guides (thaïs), d'habitants (thaïs) "du coin", et de mes lectures.

   Et je précise que je ne suis ni météorologue, ni ne prétend tout connaître de ce pays, même si je le fréquente depuis plus d'une douzaine d'années.



Quelques généralités à corriger:



-L'humidité des tropiques. Allez passer quelques jours en Isaan à la saison sèche et ses terres craquelées.



-Il fait chaud toute l'année. En effet, mais selon des critères occidentaux. L'amplitude des températures peut être assez large, et si les moyennes annuelles sont dignes de nos étés caniculaires, certaines saisons froides peuvent faire des victimes... de basses températures.

Chaque année, des distributions de vêtements chauds sont effectuées auprès des plus pauvres des régions concernées.





La période idéale de l'année, pour presque tout le pays: fin novembre/décembre/janvier. Le climat en Thaïlande est largement influencé par la mousson, c'est à dire la circulation des vents. Je devrais dire "les moussons", puisque le pays en subit 2, qui s'inversent en cours d'année.

   Sans entrer dans les détails, à cette période de l'année, "la mousson" crée un phénomène d'anticyclone sur le Nord-Est de l'Asie et génère des vents "rafraîchissants".

   C'est la période de la saison sèche. Les pluies y sont peu fréquentes, les températures relativement clémentes, et on peut voyager sur tous les thèmes possibles, séjours culturels, nature, sportifs, ou "mixtes".

   Attention d'ailleurs à ne pas y souffrir du froid: vers les mois de février/mars, les températures peuvent descendre jusqu'à 8 à 10 degrés dans les plaines du Nord, voire 0°C sur les reliefs.



La saison sèche mais avec des records de chaleur. A partir du mois de février, les températures s'élèvent partout dans le pays, pour atteindre les maximales vers avril/mai. Le record de température dans le pays a été enregistré le 27 avril 1960 à Uttaradit. Les thermomètres y sont montés à 44,05°C.

   Ces niveaux sont rares mais par contre des températures de 38 à 40°C sont régulièrement enregistrées chaque année.

   C'est d'ailleurs la saison de Songkran (jours fériés les 13,14 et 15 avril) et le début des vacances scolaires pour pratiquement tout le pays.



    La "fête de l'Eau" a d'ailleurs 2 significations: le début de l'année du calendrier lunaire bouddhique, époque où l'on "lave" son corps et son esprit de ses comportements négatifs de l'année précédente, et le retour de la "saison des pluies", car, contrairement à l'activité touristique qui après tout n'est que très récente dans le pays, la survie des Siamois a longtemps tenu à leurs activités agricoles, et notamment à la traditionnelle riziculture, et celle-ci était uniquement tributaire des précipitations, la majeure partie du territoire n'étant pas irriguée.

L'eau, c'est la vie. Ne l'oublions pas. Même si elle peut empoisonner celle des touristes...et celle des autochtones quand les pluies aboutissent à de graves inondations.

A noter d'ailleurs que si les inondations font des victimes tous les ans, globalement, la Thaïlande voit ses journées sans pluie augmenter d'année en année, et la sécheresse est un phénomène extrêmement préoccupant. Ici aussi, le réchauffement climatique se fait sentir.

A ce propos, je note aussi que si au début des années 2000 j'observais quelques constantes dans le climat du pays, 2 décennies plus tard, que ce climat soit "perturbé" ne fait aucun doute à mes yeux. Il en résulte des épisodes surprenants, tels que des sécheresses en pleine saison des pluies, et des tempêtes en pleine saison sèche. 



La saison des pluies. C'est ici que ça se complique. L'inversion de la mousson ne se produit pas partout dans le pays au même moment, et elle est aussi sujette à variations d'une année sur l'autre.



-Dans le Nord, le Nord-Est et la plaine centrale: elle débute vers la mi-avril (Songkran) et se poursuit avec une plus ou moins grande intensité jusqu'aux mois d'octobre/novembre. Elle est à relativiser fonction de différents facteurs: proximité de la mer, relief, etc...

   Par exemple la région de Kanchanaburi est relativement moins affectée par des phénomènes d'inondation durables et de grande ampleur.



   Au Nord-Est, l'Isaan est la région la plus sèche du pays. J'y ai passé régulièrement des mois de juillet et d'août sous un soleil de plomb, et sans y voir mes activités touristiques affectées par quelques orages. Par contre, en septembre et octobre, la région peut être touchée par des inondations.



   Au Nord, la région de Chiangmai est plus sujette à la pluie. Les mois de juillet et août, traditionnellement très fréquentés par les touristes occidentaux en raison des grands congés estivaux, sont déconseillés par les habitants et les guides locaux que j'ai pu consulter.

   Je remercie d'ailleurs ces derniers qui m'ont fourni des indications alors qu'elles les desservent: ils ont perdu un client pour cette fois-ci, mais je saurai les solliciter quand je visiterai Chiangmai à la période la plus favorable, c'est à dire vers les mois de décembre ou janvier.

   On pourra y faire des activités en ville, des visites du patrimoine, en revanche, des particularités locales qui ont fait une grande partie de sa réputation touristique, à savoir les activités de plein air sur les reliefs et les visites en zones tribales ne seront pas favorisées.



 Dans la Plaine centrale, Bangkok, Ayutthaya, Sukhothaï: pluies fréquentes, passages ensoleillés de durée très variable (quelques heures à plusieurs jours), orages fréquents avec très fortes pluies.



-Sur la côte, Bangkok, et de Bangkok à Trat: pluies peu fréquentes, orages violents et courts possibles, jusqu'à Pattaya, Koh Samet. Cette dernière est l'île qui voit le plus grand nombre de jours de soleil par an.

 Au-delà de Koh Samet, phénomènes pluvieux s'accentuant au fur et à mesure du trajet vers Trat, Rayong, Koh Chang: fortes pluies continuelles, orages, vents pouvant être violents.



-Dans le Sud-Ouest de la péninsule: pluies fortes, mers souvent inexploitables, liaisons maritimes souvent coupées. Loin d'être idéal pour les activités de plongée et balnéaires. D'ailleurs, tous les ans on enregistre des accidents de baigneurs imprudents.



-Dans le Sud-Est de la péninsule: fréquentes pluies sur la côte. Plus on descend vers le Sud, plus l'ensoleillement est important. A Surat Thani, Koh Samui, et îles de la région: c'est la pleine saison.

   Pluies sous forme d'orages pouvant être violents mais de courte durée, activités balnéaires, plongée, visites des parcs maritimes.



   Le petit tableau qui suit tente de synthétiser toutes ces observations et lectures. Encore une fois, ce n'est pas scientifique mais un simple indicateur. La météo étant d'ailleurs une science encore assez peu fiable, je recommande donc de réfléchir par "probabilités" ou "tendances".

Il m'est arrivé souvent de passer des étés magnifiques en Bretagne...



   Le lecteur notera d'ailleurs que le pays subit globalement une forte sécheresse depuis plusieurs années. Malheureusement, si une tempête qui cloue au sol les avions, bloque les touristes et interrompt des liaisons maritimes, ce fléau est rarement évoqué. Comme il est en quelque sorte bénéfique pour le tourisme...Ceci explique cela.

   Il notera aussi que l'année dernière (2018), les pluies attendues par tous les riziculteurs du Nord-Est ont été très tardives, à tel point que la récolte a pu y être très faible. Ce qui n'a pas empêché certaines campagnes de la région d'être durablement inondées....

On notera aussi qu'en saison des pluies, une région supposée sous les nuages peut très bien se révéler ensoleillée, et inversement, on a pu voir des épisodes de tempêtes improbables, par exemple à Samui en janvier 2019, alors que cette île voit sa plus belle saison et sa plus haute fréquentation touristique...























Crise politique avril/ mai 2010



CRISE POLITIQUE d'avril et mai 2010


Veuillez vous reporter à la fin de l'article pour le point sur la situation actuelle.





Quelques données, loin des polémiques des forums de voyage où quelque "farang" aura pris fait et cause pour telle ou telle "couleur", ou des medias locaux que tu ne sais peut-être pas qu'ils sont "contrôlés" par un "groupe d'intérêts" en cause dans le conflit.



   J'ai séjourné à BKK du 12 au 28 avril, période marquée par les événements les plus dramatiques et meurtriers qu' a subis le Royaume depuis près de 20 ans et qui se sont prolongés jusqu'au 20 mai.

   Ils auront fait officiellement 89 morts et presque 2 000 blessés.



1/ Les faits: (fin avril)



   Bilan tragique, à ce jour 29 morts, plus de 900 blessés. Un correspondant japonais de la NHK est pour l'instant le seul décès étranger.

   Des explosions (70) dans Bangkok, la plupart dans le secteur tenu par les "Rouges"( grenade sur le toit de la station de BTS Sala Daeng), mais aussi des  attentats nocturnes perpétrés loin de celui-ci (le dernier en date ayant fait 11 blessés).

   Des explosions dans la région d'Ayutthaya ( attaques de pylônes), une grenade sur un poste de police à Chiang Mai, le domicile d'un leader rouge incendié dans cette même région.



   Interception d'un convoi motorisé  des Reds sur la highway à Rangsit (banlieue Nord de la capitale), 1 soldat mort, 15 blessés. Des automobilistes sans "couleur" qui passaient par là mis en joue par les forces de l'ordre.



   Les Rouges occupent le terrain. Dans la capitale, ils sont "retranchés" dans un secteur bien circonscrit,  "Ratchaprasong", nom d'un carrefour en plein milieu de BKK, (Station CHITLOM du BTS).



   Des rassemblements pacifiques demandant le retour à la paix, dans le secteur de Democracy Monument.



    Sporadiquement dans le pays, essentiellement dans le Nord, des "opérations" des Rouges (immobilisation de train militaire, rétention de véhicules de police faisant le plein à une station-essence, etc...).



   L'état d'urgence a été décrété dans tout le pays. C'est donc l'armée conjointement avec la police qui assume le maintien de l'ordre, elle est fondée à employer tous les moyens nécessaires, à savoir tirs, fouilles, arrestations.



   La capitale est globalement "tranquille". La vie des quartiers suit son cours, les Thaïs se rendent à leur travail, les centres commerciaux sont débordants d'activité, comme tous les jours.

   On constate une forte présence militaire sur tous les axes menant à la capitale, contrôles de véhicules, files sur les highways affectées aux checkpoints, donc circulation souvent très difficile (et déjà en temps normal, le trafic est souvent congestionné).

   Les voyageurs ne sont pas pris à partie, et il faut vraiment se trouver au mauvais moment et au mauvais endroit pour courir un danger.



2/ En tant que touriste, que faire?



#Je suis déjà sur place, ou j'arrive bientôt à BKK:



a/ Eviter impérativement le secteur de Ratchaprasong déjà cité, malgré ses nombreux attraits (et  ce qui me touche plus particulièrement, Erawan Shrine).

   Ce qui est d'ailleurs plus facile à dire qu'à faire, Chitlom se trouvant sur la très fréquentée Sukhumvit Line du BTS.

b/ Circuler en BTS et Metro le moins possible.

c/ Eviter de circuler la nuit, l'essentiel des affrontements et explosions s'étant déroulé après 18h.

d/ BKK est constellé de sites gouvernementaux ou contrôlés par telle ou telle partie (ministères, casernes, medias divers).

   Personne ne peut affirmer qu'ils ne seront pas pris pour cible un jour ou l'autre. Ne pas y "traîner".

e/ Eviter tout rassemblement de foule "suspect" (banderoles, couleurs, slogans...), même si les touristes ne sont jamais pris à parti.

f/ Eviter de porter les couleurs "en jeu": rouge, jaune, rose.



#Je prépare mon voyage:



a/ Eviter Bangkok serait dommage, mais la situation peut évoluer d'un instant à l'autre et peut affecter le tourisme dans la capitale.

Prévoir donc un "plan B".



b/ Les spots touristiques provinciaux (Phuket, Koh Samui, Koh Chang, etc...) ne présentent aucun danger.

c/ Le nord et l'Issan sont perturbés par des manifestations imprévisibles, (on a signalé une explosion à Chang Mai), mais elles restent à ce jour très épisodiques.



   C'est pour l'instant l'impasse totale dans le conflit. Personne ne peut savoir comment la situation peut évoluer.

   Les analystes invités sur les télévisions internationales (France 24, ChannelAsia, AlJazeera, NHK)  professeurs à Sciences Po, Université de Singapour, etc... évoquent désormais un scénario-catastrophe tout-à-fait possible, à savoir une guerre civile qui enflammerait le pays, tant la situation paraît inextricable et les acteurs du conflit en grande tension.

  Il faut donc envisager cette évolution si on prépare un voyage pour les prochains mois.



   En espérant bien entendu que la raison prendra le dessus, et que les Thaïs trouveront les formes les plus apaisées pour rétablir le dialogue dans un premier temps, et "signer" une paix politique et sociale le plus tôt possible.



3/ La "feuille de route":

      Le 4 mai 2010, le Premier Ministre a proposé une feuille de route aboutissant à la dissolution du Parlement en septembre et à la tenue d'élections en novembre, ce qui correspond à peu près aux revendications de l'UDD.

Les responsables de l'UDD semblent accueillir favorablement la proposition, attendant des dates fermes.

     Cette feuille de route n'engage que le PM qui reste donc maître du calendrier, puisque dissolution et appel aux urnes sont en son pouvoir.

Il pourrait donc appliquer le calendrier sans attendre un accord des autres partis de la Chambre.

     Au 6 mai 2010, c'est du côté du PAD (les Jaunes ) que la feuille de route pose problème, celui-ci estimant que le PM n'a pas à agir sous la pression des "terroristes".

     Bref, et sans porter un jugement sur telle ou telle partie, une porte de sortie semble entrouverte, mais tout n'est pas réglé, et il faudra attendre quelques semaines pour avoir la garantie que la situation retourne à "la normale".

Les conseils du paragraphe 2 sont à mon sens toujours d'actualité.



4/  8 mai 2010:



      On observe une accalmie dans les déclarations des leaders rouges, qui soutiennent désormais le plan de sortie de crise du Premier Ministre.

Mais cette nuit, on a relevé 1 nouveau décès dans les rangs de la police, ainsi qu'une dizaine de victimes, à la suite d'une explosion de grenade et d'une fusillade.

Ces attentats ont eu lieu dans la zone déjà indiquée précédemment.

   Bref, si la grande majorité des leaders et des militants semble pouvoir s' entendre sur une solution pacifique, il faut craindre que les exactions mortelles des extrémistes (jamais identifiés comme auteurs directs des attentats) continuent, voire redoublent.

La plus grande prudence s'impose toujours. 



5/  10 mai 2010: où?



   On signale un attentat à la grenade dans la nuit du dimanche soir au lundi sur une agence de la Bangkok Bank dans le secteur de Ratchadaphisek (nord-est de la capitale).

   Dans le secteur de Bang Sue, c'est devant un des domiciles du Président de la commission électorale qu'on a relevé 3 bombes qui n'ont pas explosé.

Pas de victime. 

    Si le spectre d'un soulèvement général semble pour le moment s'éloigner, plus que jamais, personne n'est en mesure de connaître à l'avance les lieux des prochains attentats, ils peuvent intervenir à tout moment dans n'importe quel quartier de la capitale.



6/ 12 mai 2010



   Le PM Abhisit a fixé au Mercredi 12 mai à minuit la  date limite d'auto-dispersion du rassemblement de Ratchaprasong.

   Le CRES (Centre de résolution de l'état d'urgence) indique que pour "mettre la pression", le quartier sera bouclé, tous approvisionnements et transports publics coupés (le BTS fermant à minuit de toute façon).

Le risque d'affrontements violents et directs cette nuit est donc très important dans cette zone.

Ne pas circuler dans le quartier, et si possible rester à son hôtel cette nuit.



7/ 13 mai 2010



Le CRES a suspendu son projet de bouclage du quartier Ratchaprasong. Le PM n'obtenant pas la dispersion volontaire du rassemblement des rouges, la feuille de route devant aboutir à des élections à la Chambre basse en novembre est désormais annulé.

   Retour à la case départ: situation confuse, incertitude politique, stabilité du pays pas assurée.



8/ Soirée du 13 mai



Les événements sont encore confus à 22h heures locale, mais le Maj-général Saeh Deng (branche armée des Rouges) a été touché par une balle à la tête tirée par un sniper.

Les télévisions montrent des tirs et explosions dans Ratchaprasong, "plusieurs personnes hospitalisées". Fait rarissime, les télévisions du pays ont interrompu leurs programmes du soir (soaps suivis par une grande partie de la population) en demandant aux Bangkokians de ne pas emprunter le BTS, celui-ci étant en cours de fermeture avant l'heure normale.

Les journalistes indiquent que le quartier est désormais fermé à la circulation, 2 rues supplémentaires, de Pathumwan intersection et Charoenpol, et de PratuNam intersection à Makkasan, l'électricité et l'eau devraient être coupées dans la soirée.



Rester impérativement à son hôtel toute la nuit.AlJazeera/Bp/FrInter (6:20 heure locale)





9/ vendredi 14 et Samedi 15 mai:



Un vaste périmètre allant de Klong Toey à Sala Daeng/ Lumpini est bouclé par l'Armée.

On ne signale aucun trouble en dehors de ce secteur; trafic d'ailleurs fluide.

Dans la zone:

- lourdes explosions espacées

- mouvements militaires en nombre et coordonnées

- tirs et explosions sporadiques (grenades, cocktails molotov,...)

- affrontements directs  avec des groupes de "terroristes" ( 500 selon l' Armée)

- entre 10 et 20 morts, de 150 à 200 blessés

- 2 journalistes blessés aux jambes ( 1 Thaï, un Français de FR 24)

- Seh Daeng dans le coma.



Le bouclage est poreux, selon un journaliste sur Fr Inter qui a pu entrer anonymement dans le périmètre, et se rendre jusqu'au camp de Ratchadamnoen. 



Le réseau BTS et le MRT sont totalement fermés.

L'issue est incertaine selon les medias, les Rouges indiquent qu'ils peuvent tenir plusieurs jours.

On ne relate aucun incident sur BKK en dehors du secteur, ainsi que dans le reste du pays, 17 provinces toujours sous état d'urgence.



10/ Samedi 15 mai:



Ce matin, un journaliste intervenant sur France-Inter a indiqué qu'il avait pu entrer anonymement dans le secteur et se rendre jusqu'au camp central des Rouges, démontrant ainsi la "porosité" du cordon délimitant  la zone.



Plus tard, on a relaté des tirs hors de la zone de bouclage, au Nord de celle-ci, en allant vers Victory Monument.

Les rouges se rassemblaient par ailleurs sur 3 points du pourtour, pour tenter de rompre l'encerclement et ravitailler les groupes.

Ratchapraroad est déclarée "life-firing zone": l'Armée est autorisée à tirer à vue à balles réelles "pour se protéger".

Le public et les journalistes sont enjoints à quitter la zone.



Il semble donc que la zone de combat ait pu ou pourrait s'étendre à tout moment dans n'importe quelle direction.



Pour situer le plus précisément possible les zones à éviter:



http://maps.google.co.th/maps/ms?ie=UTF8&oe=UTF8&msa=0&msid=116480606892254086046.0004817fafbb87b0951c0



(Merci au membre de Vf qui a trouvé ce lien très utile; les infos qui y figurent sont "non-confirmées" par d'autres medias).



Reuters:



"Les soldats réalisent peut-être quelques progrès en ce qui concerne l'isolement de la zone mais le prix à payer est élevé", a déclaré Thitinan Pongsudhirak, professeur de sciences politiques à l'université de Chulalongkorn.

"Est-ce que le gouvernement va réussir à disperser la foule et s'engager vers une sortie de crise ? La réponse est non, pas jusqu'à présent, et il y a encore un long chemin à parcourir", a-t-il ajouté.



Il est peu probable que cela se termine rapidement. Il va y avoir plusieurs escarmouches dans les prochains jours mais nous restons confiants dans notre capacité à faire diminuer le nombre (de manifestants) et reprendre la zone", a dit une source proche du chef de l'armée Anupong Paochinda.



Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé vendredi à un arrêt des violences, faisant part de son inquiétude face aux affrontements sanglants.



Aljazeera:



Abhisit: "Nous tentons de ramener l'ordre avec le minimum de pertes humaines"...C'est la seule façon de mettre fin au rassemblement".



L'Ambassade US met en garde ses ressortissants en ce qui concerne des voyages non-essentiels en Thaïlande.



11/ Dimanche 16 mai:



- Pas d'accalmie dans la zone des conflits



- Violents affrontements sporadiques sur le périmètre

- On rapportait hier des tirs et des victimes en dehors du secteur, au nord de celui-ci

- Une seconde zone, au Sud du secteur (Bon Kae/Rama IV) a été déclarée "live-firing zone" (tirs à balle réelle, danger mortel)

- Une explosion sur Nonthaburi dans la nuit de samedi (agence de la Bangkok bank), au nord-ouest de BKK. Pas de victime.

- 1 leader rouge: on ne bouge pas

- Le PM Abhisit: on continue, un couvre-feu pourrait être mis en place

- ONU: appel à la cessation des violences, M. Abhisit répond: affaire interne.

- M. Jatuporn (leader rouge): "Il est temps de solliciter notre Bien-aimé Père de la Nation, de la même façon qu'en 1992 il sut mettre fin au sang versé".

- les écoles du secteur fermées jusqu'au 24 mai

- collecte de sang dans tout BKK organisée par la Thai red Cross.

-5 régions de plus en état d'urgence

-appel à la médiation internationale de la part des leaders rouges

-le gouvernement refuse toute ingérence étrangère

-M. Jatuporn , leader rouge, appelle les supporters à manifester dans tout le pays, là où ils se trouvent

-Le personnel de l'Ambassade US autorisé à rentrer aux USA s'il le souhaite

-Lundi 17 et Mardi 18 déclarés vacances officielles par le gouvernement

-BTS et MRt totalement fermés jusqu'à lundi inclus



12/ Lundi 17 mai:



-On rapporte des tirs indéterminés sur un hôtel non loin de la zone, touristes bloqués, à l'abri.

Ils'agit  du Dusit Thani, situé juste à l'extérieur de la zone de conflit direct.

-L'Armée a signalé aussi des tirs d'origine inconnue venant du Century park, du haut d'un immeuble en construction.

- La situation est toujours aussi violente à BKK, dans et aux abords de la zone centrale



- l'ultimatum du PM a été rejeté par les femmes et les personnes âgées du camp central





Evolution en province: suite à l'appel de leaders rouges de leur camp de Sala Daeng, on rapporte des mobilisations des supporters un peu partout dans le pays:

- rassemblements pétitionnaires à Chiang Mai

- un bus de ramassage militaire a été incendié dans la région (pas de lien avéré avec la situation)

- pneus enflammés à Phayao

- A Ubon Ratchatani, pneus brûlés et tentative d'intrusion de supporters sur une base militaire, dispersés par des tirs de sommation

- Appels au dialogue d'autres parties s'élevant un peu partout dans le pays

-La compagnie d'électricité de Thaïlande indique qu'elle relève au maximum le niveau de sécurité des centrales hydro-électriques du pays.



 Reuters: "Le pire est peut-être encore à venir dans la crise qui s'approfondit".

"La faille qui s'élargit est de plus en plus difficile à franchir. Les partisans de la manière forte gagnent du terrain et les modérés ont été écartés" (V.Nethito,Chulalongkorn University)





"De nombreux "Ainés" de la Nation  ont été discrédités, polarisés, politisés et poussés vers une extrémité ou l'autre du spectre politique.

"...ll ne reste plus personne, ou plus aucune institution suffisamment puissante pour modérer le conflit"..." Sans médiateur, le risque grandit dans le Nord et le Nord-est, bastion des Chemises rouges, terre natale de plus de la moitié du pays..."

Des signes épars d'agitation sont apparus dans le pays ces derniers jours..."



M.Petty/B.Tarrent.





Paroles bien inquiétantes. J'espère pour ma part que le quasi-consensus des analystes  sur l'immense danger que court tout le pays sera contredit dans les prochains jours...

Calme, prudence, lucidité... Mais étant donnés faits, analyses des experts locaux et étrangers, inquiétude des Thaïs "neutres" eux-mêmes, mon propre pressentiment...

...Que les cieux sont bien sombres...



13/ Mardi 18 mai



- Négociations?



BANGKOK (Reuters) - Un chef de file des "chemises rouges" thaïlandais annonce être d'accord pour l'ouverture de négociations sous l'égide du Sénat.

"Nous avons accepté de participer à une nouvelle série de discussions proposées par le Sénat parce que si nous laissons les choses se poursuivre ainsi, nous ne savons pas combien d'autres vies seront perdues", a dit Nattawut Saikua, lors d'une conférence de presse dans le camp retranché des opposants au gouvernement.

Les négociations seraient conduites par un groupe de 64 sénateurs qui ont offert une médiation pour obtenir un cessez-le-feu immédiat.

Nattawut a précisé qu'il était de l'intérêt du chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva de parvenir à un dialogue pour mettre fin aux violences.



- réaction du gouvernement: "L'appel au cessez-le-feu est un non-sens".



- On ne relate pas de violences cette nuit dans la zone de conflits

- Un bâtiment vide a été incendié sur Silom.

- Pas d'incident relaté dans le reste de Bkk ni dans le pays.



- 47 pays mettent en garde leurs ressortissants sur un voyage en Thaïlande, dont 12 au plus haut niveau.

- 10 000 arrivants par jour au lieu de 27.000 à 30 000 quotidiens à Suvarnabhumi.

- Le Tourism Authority of Thailand suggère pour sa part des villes comm Cha ham, Hua Hin, Phuket, Krabi, destinations sans danger.





-"Ce n'est que le début (de la prise de contact), mais c'est le genre d'offre qui n'a pas de poids suffisant tant que le Sénat ne parle pas d'une seule voix", selon Somjai Phagaphasvivat, politologue à la Bangkok's Thammasat University.

(Les Sénateurs sont élus pour moitié par le suffrage populaire, pour une autre moitié choisis collégialement parmi les hauts fonctionnaires et personnalités de haut rang, note personnelle).



-"Je doute que les discusssions mènent à la résolution de la crise politique", ajoute Kavee Chukitkasem, dirigeant de la Kasikorn securities, une compagnie de trading de BKK.

"Le gouvernement pose pour préalable à toute négociation la fin du rassemblement, tandis que les Rouges  demandent des pourparlers au gouvernement avant de mettre fin à leur mouvement".



De plus, les divers leaders de l'UDD ne cachent pas leurs divergences de points de vue sur la statégie à suivre pour leur mouvement, comme le relevait encore aujourd'hui le Bangkok Post.



On est donc en plein dans un  "dialogue de sourds", tandis que les écoles de BKK sont placées en vacance officielle jusqu'à Vendredi, et que l'ONU estime que "la spirale de la violence pourrait échapper à tout contrôle d'un instant à l'autre".



14/ jeudi 20 mai:



On signale jeudi des "poches de résistance" dans la capitale.



- Les bus fonctionnent

- Les TV diffusent leurs programmes et les seules infos autorisées par les autorités.

- Le porte-parole du gouverneur de BKK rapporte 31 immeubles en flammes ce jeudi matin

- Le couvre-feu de 20h à 6h est prolongé pour 3 jours, allégé de 21h à5h.

On ne signale pas d'affrontements dans BKK, des patrouilles quadrillent la ville.





Le centre(Ratchaprasong/Silom) est impraticable pour plusieurs jours étant donné les dégats. Les medias parcourent la zone complètement désertée.

Le Siam discovery et le Siam Paragon semblent avoir été épargnés par les violences.



Il est possible que les centres commerciaux ferment plus tôt pour quelques jours encore par mesure de sécurité.

La consigne circule chez les habitants de faire quelques provisions.



15/ Vendredi 21 mai:



Bangkok: retour à la normale "progressif".



-Le PM Abhisit déclare que l'ordre a été rétabli et appelle à la réconciliation nationale.





-Les autorités devraient alléger peu à peu l'état d'urgence.

-BTS et MRT pourraient reprendre le service d'un jour à l'autre, mais resteront fermés aujourd'hui.

-Les voyageurs empruntant des vols de nuit ne sont pas concernés par le couvre-feu, il leur faut simplement être munis de leurs billets d'avion.



-Nord et Nord-est:Les opérations des forces de l'ordre se poursuivent dans les territoires du nord et du nord-est (23 régions toujours sous couvre-feu, de 9pm à 5am): arrestations, fermetures de radios, etc...

-Violences sporadiques, radio gouvernementale partiellement incendiée, ...

-Sur Chiang Mai, certaines rues sont fermées au public.

-Les écoles sont fermées.



16/ Samedi 22 mai:



Sur BKK, le retour à la normale continue.



Les centres commerciaux sont ouverts comme à leur habitude, et des services bancaires y ont ouvert ce week-end.

Le réseau bancaire public devrait rouvrir dans son intégralité dès lundi.

Le BTS et le MRT fonctionnent dimanche, seules 2 stations dégradées pendant les affrontements resteront fermées au public.

Les horaires d'ouverture de 6h à minuit reprendront dès lundi.

Hormis l'extrême-sud, toujours affecté par des événements dramatiques malheureusement bien fréquents,  on ne signale ni violence ni attentat dans le reste du pays.



17/ Mardi 25 mai:



La situation est désormais normale à BKK, mais le couvre-feu est prolongé d'une semaine, de minuit à 4h du matin.

Tous les magasins doivent fermer à l'heure, dans les 23 provinces concernées.

511 personnes ont été arrêtées par la police pour ne pas l'avoir respecté.

Ce couvre-feu ne concerne pas les voyageurs, par exemple pour prendre un vol de nuit.

Attention toutefois aux taxis; il est possible qu'on rencontre des difficultés pour en trouver après le début du couvre-feu.



18/Jeudi 3 juin:



   Le centre de sécurité a indiqué aujourd'hui que l'état d'urgence pourrait se prolonger plusieurs mois dans les 23 provinces concernées dont Bangkok, la décision en incombant en dernier ressort au gouvernement.



.





(Bangkok Post/Channel3/ Channel9/ AlJazeera/ France-Inter/Reuters/Siamnews/TheNation/And so on)

samedi 1 mai 2010

Couronnement royal

 



   Ce n'est pas tous les jours que la Thaïlande couronne son Roi. Pratiquement considéré comme un Dieu vivant, toute critique à son encontre étant crime de lèse-majesté, le peuple thaïlandais, dans son immense majorité, voue un culte sans borne à son monarque et à la famille royale.

   Acteur de la vie culturelle et sociale du pays par l'intermédiaire de ses multiples fondations (dirigées par lui-même ou d'autres membres de la famille), symbole de permanence dans un monde agité, il est le pilier de la Nation assurant sa stabilité dans les périodes troublées et les affrontements qui opposent camps politiques et secouent régulièrement le Royaume.

 En quelque sorte, il est l'incarnation de la Thaïlande éternelle.

 

   Après le plus long règne que vécut le pays, celui de Rama IX, couronné en 1950 et décédé en 2016, son fils, le prince Vajira lui a succédé, et sera couronné en ce mois de mai 2019.

   A noter que les festivités seront clôturées plus tard dans l'année, par une procession de la barge royale courant octobre.



  Tout savoir de Rama X et de ces étonnantes traditions sur le site du BANGKOK POST









Suivre le couronnement sur les chaînes télévisées du pays sur votre smartphone, les applications, par exemple celle-ci:

















Sur PC, le dispositif mis en place pour les funérailles de Rama IX a été renouvelé, plusieurs chaînes seront disponibles en direct continu sur Youtube.






 Nous venons d'apprendre une bien triste nouvelle: le décès d'Arnaud Dubus.











Sa biographie, les réactions de ses proches:




C'est avec une profonde tristesse que nous
apprenons ce lundi 29 avril le décès brutal de notre collègue Arnaud
Dubus, 55 ans, ancien correspondant de RFI à Bangkok. Arnaud était l'un
des meilleurs connaisseurs de la Thaïlande, auteur de plusieurs ouvrages
de référence sur la société, la culture et l'histoire du peuple
thaïlandais. La rédaction lui rend hommage.



Arnaud Dubus assurait avec
passion la correspondance de RFI en français en Thaïlande et dans toute
la région, depuis 1988 jusqu’en octobre dernier. Grand reporter et fin
analyste des situations parfois les plus complexes en Thaïlande, au
Cambodge, en Birmanie, au Laos ou aux Philippines, c’était un des
meilleurs connaisseurs de cette zone. Il a marqué de très nombreux
journalistes de RFI qui l’ont rencontré, par sa grande gentillesse et
son envie de transmettre ses compétences.


Il avait cessé ses
activités de journaliste en 2018 pour rejoindre l'ambassade de France en
Thaïlande, où il était en charge de la  communication. Dans un message
qu’il avait envoyé à la rédaction de RFI avant d’occuper ses nouvelles
fonctions, il confiait : « J’ai fait mes plus belles rencontres et connu mes plus belles heures comme journaliste avec RFI ».




La page ICI



Balades en Thaïlande avait chroniqué un de ses livres: "Thaïlande, Histoire, société, culture", paru aux éditions de La Découverte, on peut consulter la page ICI



   Bien que les circonstances de son décès (une chute d'une station de BTS à Bangkok) prêtent à toutes les hypothèses (voir par exemple cet article du Thai Examiner en anglais), l'heure est pour l'instant à l'émotion et au recueillement.

Balades en Thaïlande présente donc ses condoléances à sa famille et à ses proches.

 

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